Barack Obama ne change pas d'avis sur la peine de mort

ETATS-UNIS Une façon de se rapprocher des électeurs indépendants...

Kéthévane Gorjestani

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Le candidat démocrate à la présidentielle américaine Barack Obama entend disputer l'élection du 4 novembre dans tout le pays, sans se contenter de faire campagne dans les Etats sur lesquels compte traditionnellement son parti, a prévenu son directeur de campagne.
Le candidat démocrate à la présidentielle américaine Barack Obama entend disputer l'élection du 4 novembre dans tout le pays, sans se contenter de faire campagne dans les Etats sur lesquels compte traditionnellement son parti, a prévenu son directeur de campagne. — Laura Rauch AFP/Getty Images

John McCain et Barack Obama, les deux candidats à la présidentielle américaine, ont déploré mercredi la décision de la Cour suprême interdisant les exécutions capitales pour les violeurs d’enfant.
 
Le candidat démocrate a affirmé que «la peine de mort devrait être appliquée en des circonstances très étroitement définies, pour les crimes les plus odieux» et que «le viol d’un petit enfant, de 6 ou 8 ans» en faisait partie. «Si un Etat prend la décision que, dans des circonstances limitées et bien définies, la peine de mort peut potentiellement s’appliquer, cela ne va pas à l’encontre de la Constitution», a-t-il ajouté.
 
La position d’Obama n’est pas une surprise. «Il n’a jamais pris position pour une abolition de la peine de mort», explique à 20minutes.fr Charlotte Lepri, chercheuse à l’IRIS et spécialiste des Etats-Unis. S’il a toujours soutenu la peine de mort, en tant que sénateur de l’Illinois, il a participé à la réforme du système, créant de nombreuses garanties afin de réduire les erreurs de condamnation. «Si les preuves me disent que la peine de mort ne réduit pas vraiment la criminalité, je pense qu’il y a certains crimes si odieux» qu’ils méritent la peine capitale, écrit le candidat démocrate dans «l’Audace de l’espoir».
 
«Il n’a aucun intérêt à s’opposer à la peine de mort puisque les Américains y sont largement favorables», dit-elle ajoutant que de toute façon le choix de la peine de mort reste propre à chaque Etat (37 Etats l’autorisent). «Il n’a pris aucun risque en réagissant comme il l’a fait à la décision de la Cour suprême».
 
Attirer les indépendants
 
Cette position pourrait casser son image de candidat «soft» sur la question de la criminalité que les républicains cherchent à faire passer auprès des Américains. En 1988, l’opposition à la peine de mort avait coûté la présidence au candidat démocrate Michael Dukakis, au profit de George H. W. Bush. C’est aussi un moyen de conquérir les indépendants, ni démocrates ni républicains, une catégorie qui pourrait être décisive contre McCain.

Une autre décision de la Cour suprême est attendue ce jeudi concernant le port d’arme. Obama a encore pris le parti d’une position centriste, se disant «fortement» favorable au droit du 2e amendement tout en admettant la pertinence de certaines lois «pour empêcher les armes de tomber dans les mains d’enfants ou de membres de gangs.»