Les Etats-Unis accusent la Chine du piratage massif du groupe hôtelier Marriott

CYBERSECURITE Les données de 500 millions de clients ont été dérobées...

20 Minutes avec AFP

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Un hôtel Westin (groupe Starwood/Marriott) à New York.
Un hôtel Westin (groupe Starwood/Marriott) à New York. — Mark Lennihan/AP/SIPA

Pékin serait derrière une vaste campagne de cyberespionnage. Les Etats-Unis ont accusé mercredi la Chine de mener des cyberattaques sur leur sol, et lui ont imputé le piratage d’une base de données du géant de l’hôtellerie Marriott contenant des informations sur 500 millions de clients.

« Notre relation avec la Chine est compliquée », « ils mènent des opérations d’espionnage et d’influence ici aux Etats-Unis », a déclaré le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo lors d’un entretien sur la chaîne Fox. Interrogé sur des articles imputant l’attaque du Marriott à Pékin, il a ajouté : « c’est exact » et précisé que le gouvernement de Donald Trump travaillait à « repousser ces menaces chinoises sur l’Amérique ».

Des pirates inculpés prochainement

Les Etats-Unis prévoient d’inculper prochainement des pirates chinois travaillant pour les services de renseignement ou l’armée de leur pays, et d’imposer des restrictions sur l’importation de matériel technologique, selon plusieurs sources citées par le New York Times. Les inculpations ne porteront pas sur cette intrusion dans une centrale de réservation du groupe Marriott, découverte en septembre et rendue publique le 30 novembre, précise le quotidien.

La base de données piratée du géant hôtelier contenait les noms, possiblement les coordonnées, et parfois également les numéros de carte bancaire et de passeport d’un demi-milliard de clients.

Les services du renseignement américain n’ont pas encore formulé de conclusions définitives sur cette attaque qui aurait débuté il y a quatre ans.

Trêve commerciale menacée

« Les premiers indices montrent que l’intrusion a été réalisée par des hackers liés au ministère chinois de la Sécurité d’Etat », écrit le Washington Post en citant des sources anonymes.

Les enquêteurs ont découvert des codes et des procédures semblables à celles utilisées par les pirates chinois, selon le New York Times. Et aucune des informations copiées n’est apparue sur le « dark web », la face cachée d’internet où se réfugient les criminels, ce qui conforte la thèse d’une attaque à motif politique.

Ces mesures pourraient fragiliser la récente trêve dans la guerre commerciale que se livrent les deux puissances, déjà mise à mal par l’arrestation au Canada, à la demande des Etats-Unis, d’une responsable du géant chinois des télécoms Huawei. Meng Wanzhou, 46 ans, a été remise en liberté sous caution mardi mais reste sous le coup d’une procédure d’extradition.