VIDEO. Affaire Carlos Ghosn: Le PDG de Renault inculpé pour dissimulation de revenus, sa garde à vue prolongée

JAPON Nissan a également été mis en examen en tant qu'entité morale...

20 Minutes avec AFP

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Le 12 septembre 2018, Carlos Ghosn. Photo : JOEL SAGET / AFP)
Le 12 septembre 2018, Carlos Ghosn. Photo : JOEL SAGET / AFP) — AFP

La décision était attendue. Le bureau des procureurs de Tokyo a inculpé lundi Carlos Ghosn pour dissimulation de revenus perçus chez Nissan sur cinq ans, ont rapporté lundi des médias japonais, trois semaines après l’arrestation surprise du PDG de l’alliance automobile formée avec Renault et Mitsubishi Motors.

Celui qui est toujours patron de Renault a été mis en examen pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières environ 5 milliards de yens (38 millions d’euros) de revenus sur cinq années, de 2010 à 2015, selon l’agence Kyodo et la chaîne publique NHK. Son bras droit Greg Kelly, arrêté en même temps que lui, a aussi été inculpé. La garde à vue de Carlos Ghosn a également été prolongée sur de nouveaux soupçons de minoration de revenus, cette fois entre 2015 et 2018, ont rapporté lundi des médias japonais.

Nissan est également poursuivi en tant qu’entité morale, ont ajouté les deux médias, le parquet jugeant que la responsabilité de l’entreprise était aussi engagée, car c’est elle qui a remis les rapports incriminés aux autorités boursières.

 

Il pourrait rester en garde à vue au moins jusqu’à la fin de l’année

L’enquête ne s’arrêtera vraisemblablement pas là. Car les procureurs ont l’intention, selon les mêmes médias, de requérir un nouveau mandat d’arrêt contre Carlos Ghosn, pour le même motif mais sur une période plus récente, allant de 2015 à 2018, pour un montant de 4 milliards de yens. Le cas échéant, cela relancerait une procédure de garde à vue pouvant durer 22 jours à partir de lundi, soit au-delà de Noël.

Mais ça n’en sera alors probablement pas encore fini : le parquet pourrait se pencher sur de possibles abus de biens sociaux que Nissan reproche à son ancien patron, tels que l’usage de résidences de luxe aux frais du groupe. A ce sujet, le constructeur a indiqué dans un communiqué avoir fait appel d’une décision d’un tribunal brésilien autorisant à des représentants de Carlos Ghosn l’accès à un appartement situé à Rio de Janeiro, « afin d’empêcher la destruction de preuves éventuelles ».

« Il est dans un état d’esprit vaillant et combatif »

Dans cette affaire, les rumeurs, spéculations, scénarios sont nombreux, et la parole officielle rare si ce n’est, au tout début, celle du patron exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, qui a d’emblée lâché son ancien mentor. Les procureurs ont pour l’instant communiqué a minima et la défense de Carlos Ghosn, menée par Motonari Ohtsuru, un ex-procureur spécialiste des grandes affaires financières, ne s’est pas publiquement exprimée.

Tout juste sait-on que « le suspect Ghosn », comme l’a rebaptisé la presse nippone, nie toute malversation. « Il est dans un état d’esprit vaillant et combatif », souffle-t-on au siège de Renault, à Boulogne-Billancourt près de Paris, malgré les conditions spartiates de l’établissement où le Franco-libano-brésilien est détenu. Il se dit bien traité, reçoit la visite des ambassadeurs de France, du Liban et du consul du Brésil, et s’occupe à lire livres et magazines quand il n’est pas interrogé par les enquêteurs.

Au cours des auditions, réalisées en anglais et enregistrées selon le quotidien Asahi Shimbun qui avait révélé l’affaire, Carlos Ghosn aurait reconnu avoir signé des documents mentionnant des paiements qu’il était censé percevoir au moment de quitter le groupe, a rapporté l’agence de presse japonaise Kyodo. Mais il assure que ces montants n’étaient pas définitivement établis et n’avaient donc pas à être inclus dans les rapports publics de Nissan.