«Gilets jaunes»: Au Monténégro, l'opposition prorusse adopte le vêtement symbolique de la fronde en France

MONTENEGRO « Nous voulons rendre ce pays meilleur comme en France où le pays est rendu meilleur par des actions qui empêchent des décisions politiques nuisibles », a lancé un des leaders du mouvement...

20 Minutes avec AFP

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Des membres de l'opposition prorusse au Monténégro portent des gilets jaunes à Podgorica, le 9 décembre 2018.
Des membres de l'opposition prorusse au Monténégro portent des gilets jaunes à Podgorica, le 9 décembre 2018. — SAVO PRELEVIC / AFP

Plusieurs centaines d’opposants prorusses du Monténégro ont revêtu dimanche des gilets jaunes, devenus le symbole de la fronde sociale en France, lors d’une manifestation contre des poursuites judiciaires lancées à l’encontre de deux de leurs leaders.

« Nous voulons rendre ce pays meilleur comme en France où le pays est rendu meilleur par des actions qui empêchent des décisions politiques nuisibles. C’est pour cela que nous portons des gilets jaunes », a lancé à la foule Andrija Mandic, un des leaders du Front démocratique, une coalition de plusieurs partis prorusses. Début décembre, un député de l’opposition serbe avait déjà revêtu un gilet jaune au Parlement pour protester contre les prix de l’essence dans son pays.

Accusation de tentative de coup d’Etat

Entre 1.000 et 2.000 personnes s’étaient réunies à Podgorica pour protester contre l’arrestation de Nebojsa Medojevic et le mandat d’arrêt délivré contre Milan Knezevic. Nebojsa Medojevic avait accusé début 2018 le procureur spécial pour le Monténégro, Milivoje Katnic, d’avoir reçu un pot-de-vin de 100.000 euros pour épargner la prison à un responsable politique, membre du parti au pouvoir, le DPS. La détention de Nebojsa Medojevic peut durer jusqu’à deux mois.

De son côté Milan Knezevic, est visé par un mandat d’arrêt pour refus de témoigner dans une autre affaire de corruption présumée. Parallèlement, il est accusé, avec Andrija Mandic, d’être impliqué dans une tentative de coup d’Etat qu’auraient ourdi des prorusses à l’automne 2016. Ces derniers affirment que ces accusations sont un complot politique du pouvoir destiné à abattre l’opposition prorusse. Le verdict est attendu début 2019.