Assassinat de Khashoggi: «Aucun doute» sur l'implication du prince héritier, selon des sénateurs américains

ENQUETE Ces élus contredisent la version officielle de la Maison Blanche...  

P.B. avec AFP

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Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane
Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane — SIPA

Rare moment d’union entre les démocrates et les républicains. Après avoir été briefés par la CIA, plusieurs sénateurs américains ont affirmé mardi n’avoir « aucun » doute sur le fait que le prince héritier saoudien avait « ordonné » le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Cette position contredit directement le président américain Donald Trump, qui a déclaré publiquement que le service de renseignement n’avait « rien trouvé d’absolument certain ».

« Je n’ai aucun doute sur le fait que le prince héritier » saoudien Mohammed ben Salmane « a ordonné le meurtre et a été maintenu au courant de la situation tout le long », a déclaré à des journalistes Bob Corker, après la réunion avec Gina Haspel, directrice de la CIA. « Laisser la situation en l’état permettrait à quelqu’un comme MBS », initiales du prince saoudien, « de continuer en toute impunité », a tonné Bob Corker.

« Une scie fumante »

Alors que le secrétaire d’Etat américain affirme qu’il n’y a pas de « preuve irréfutable » liant le prince héritier au meurtre, le sénateur républicain Lindsay Graham a ironisé : « Il n’y a pas de pistolet encore fumant mais il y a une scie fumante. » Ce jeu de mots sur l’expression idiomatique « smoking gun » fait référence à la scie qui aurait été utilisée pour découper le cadavre du journaliste, selon la Turquie. Selon Graham, il faudrait être « volontairement aveugle » pour ignorer les preuves.

Les élus n’ont pas donné de détails sur les preuves apportées par la CIA. Mais selon le New York Times, l’agence a notamment intercepté onze SMS échangés entre le prince héritier et son conseiller Saud al-Qahtani au moment où se déroulait le meurtre. Qahtani est l’un des hauts responsables saoudiens limogés et accusés par Riyad d’avoir supervisé le raid.