Affaire Carlos Ghosn: Le patron de Renault pourrait rester en détention au moins jusqu’à la fin de l’année

JAPON Selon le quotidien conservateur japonais « Sankei », la police nipponne pourrait prolonger son séjour en prison... 

M.C.

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Carlos Ghosn a été arrêté le 19 novembre 2018 à Tokyo pour des soupçons de malversation financière.
Carlos Ghosn a été arrêté le 19 novembre 2018 à Tokyo pour des soupçons de malversation financière. — Toshifumi KITAMURA / AFP

Noël en prison pour Carlos Ghosn ? La garde à vue du tout-puissant patron, interpellé le 19 novembre à Tokyo dans le cadre d’une affaire de dissimulation de revenus au retentissement mondial, pourrait être de nouveau prolongée par la police japonaise au moins jusqu’au 30 décembre, rapporte ce mardi un journal japonais.

A l’issue d’une première période de garde à vue de celui qui est toujours à la tête de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, le tribunal de Tokyo a approuvé le 30 novembre la prolongation de la détention à la requête du parquet, une procédure courante dans le système judiciaire japonais.

Ses proches ont dénoncé des conditions « inhumaines »

A l’issue de cette période de garde à vue de 23 jours au total, les procureurs doivent décider d’ici le 10 décembre de libérer sans charges ou d’inculper celui qui est actuellement soupçonné d’avoir minimisé ses revenus chez Nissan sur la période d’avril 2010 à mars 2015. Mais selon les informations du quotidien conservateur Sankei, Carlos Ghosn pourrait être de nouveau interpellé pour les mêmes soupçons, concernant cette fois la période de 2015 à 2017. Il pourrait ainsi rester en détention provisoire jusqu’au 30 décembre.

Face à certaines critiques à l’étranger, en particulier en France, sur la longueur et les conditions de détention, le parquet japonais s’est défendu la semaine dernière. « Chaque pays a sa propre histoire, sa propre tradition, ses propres systèmes judiciaires. Je ne critique pas les règles des autres pays juste parce qu’elles sont différentes, et je trouve cela malvenu de le faire », avait déclaré Shin Kukimoto, procureur adjoint de Tokyo, affirmant : « nous ne gardons pas les suspects en garde en vue prolongée si ce n’est pas nécessaire ».

Loin de son style de vie fastueux, Carlos Ghosn séjourne dans une cellule d’un établissement pénitentiaire du nord de Tokyo, et ses proches ont récemment dénoncé des conditions « inhumaines » dans le Journal du dimanche. Ses avocats ne peuvent assister aux auditions et les visites sont très limitées.