Affaire Khashoggi: La cheffe de la CIA va informer des parlementaires sur le meurtre

ETATS-UNIS Les autorités américaines ont affirmé qu'« aucun élément direct» ne liait le prince héritier saoudien à l’ordre de tuer Jamal Khashoggi, mais selon plusieurs médias américains, la CIA estime qu'il a commandité l’assassinat...

M.C. avec AFP

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Une femme manifeste devant l'ambassade de l'Arabie saoudite à Washington, après la disparition du journaliste Jamal Khashoggi, le 10 octobre 2018. Sur l'affiche on peut lire «assassiné par MBS», certains accusant le prince héritier saoudien d'être lié à la disparition du journaliste exilé depuis 2017 aux Etats-Unis.
Une femme manifeste devant l'ambassade de l'Arabie saoudite à Washington, après la disparition du journaliste Jamal Khashoggi, le 10 octobre 2018. Sur l'affiche on peut lire «assassiné par MBS», certains accusant le prince héritier saoudien d'être lié à la disparition du journaliste exilé depuis 2017 aux Etats-Unis. — AP Photo/Jacquelyn Martin

La CIA va enfin transmettre ses informations aux sénateurs américains. Gina Haspel, la directrice de l’agence de renseignement, va être entendue mardi par des parlementaires sur ce que sait concernant le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, a indiqué lundi un sénateur américain. Critique du pouvoir saoudien, le journaliste vivait depuis 2017 aux Etats-Unis, où il collaborait avec le Washington Post.

Le républicain Bob Corker, chef de la puissante commission des Affaires étrangères, n’a pas voulu entrer dans les détails de cette réunion, précisant simplement qu’elle aurait lieu à 11h (17h, heure française) au Sénat et que seul « un petit groupe » de parlementaires y participerait.

L’agence aurait la preuve que l’assassinat a été commandité par MBS

Gina Haspel n’avait pas répondu à l’invitation des sénateurs, qui avaient entendu à huis clos, le 28 novembre, les ministres de la Défense Jim Mattis et des Affaires étrangères Mike Pompeo sur les informations dont dispose l’administration de Donald Trump au sujet de l’assassinat de Jamal Khashoggi, début octobre, au consulat saoudien à Istanbul. L’absence de la cheffe de la CIA avait outré de nombreux sénateurs, y compris au sein des rangs républicains.

Mike Pompeo avait affirmé devant les sénateurs que le rapport de la CIA ne contenait « aucun élément direct liant le prince héritier à l’ordre de tuer Jamal Khashoggi ». Pourtant, selon plusieurs médias américains, la CIA estime que l’assassinat a été commandité par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, surnommé MBS. L’agence aurait comme preuve un échange de messages avec un proche conseiller supervisant l’opération, Saoud al-Qahtani, dans les heures précédant et suivant le meurtre.

Un degré de certitude « moyen à élevé »

Son rapport conclut, avec un degré de certitude « moyen à élevé », que MBS « ciblait personnellement » Jamal Khashoggi et qu’il a « probablement ordonné sa mort ». Les fuites dans la presse auraient provoqué la colère de la patronne de la CIA, alors que la Maison Blanche est accusée de vouloir épargner le prince héritier, en raison notamment des intérêts stratégiques américains au Moyen-Orient.

Donald Trump a déclaré publiquement que le service de renseignement n’avait « rien trouvé d’absolument certain ». « Il se pourrait très bien que le prince héritier ait eu connaissance de cet évènement tragique. Peut-être, peut-être pas ! », a-t-il dit dans un communiqué le 20 novembre.