Soudan du Sud: L'ONU réclame justice après des agressions sexuelles contre plus de 150 femmes

SOUDAN DU SUD Les faits auraient été commis par des hommes armés, dont plusieurs en uniforme...

20 Minutes avec AFP

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Des soldats sud-soudanais jugés par un tribunal militaire pour meurtres et viols, à Juba le 6 septembre 2018.
Des soldats sud-soudanais jugés par un tribunal militaire pour meurtres et viols, à Juba le 6 septembre 2018. — AP/SIPA

L’ONU a dénoncé lundi les viols ou agressions sexuelles commis récemment à l’encontre de plus de 150 femmes ou filles au Soudan du Sud par des hommes armés, dont plusieurs en uniforme, réclamant aux autorités de poursuivre les coupables en justice.

« Au cours des 12 derniers jours, plus de 150 femmes et filles ont cherché de l’aide après avoir souffert d’agressions sexuelles, incluant des viols, près de Bentiu au Soudan du Sud », indique un communiqué conjoint signé de trois responsables onusiens, Henrietta Fore (Unicef), Mark Lowcock (Affaires humanitaires) et Natalia Kanem (Fonds des Nations unies pour la Population).

« Les assaillants ont été décrits comme des hommes armés, beaucoup en uniforme. Nous appelons les autorités compétentes à dénoncer publiquement ces attaques et à s’assurer que leurs auteurs soient traduits en justice », précisent les trois responsables dans leur communiqué. « Toutes les parties au conflit doivent s’acquitter de leurs obligations humanitaires internationales et cesser les attaques contre les civils », réclament-ils.

Des victimes de moins de 10 ans et de plus de 65 ans

Vendredi, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) avait affirmé que 125 femmes et filles sud-soudanaises avaient été violées ou brutalisées en dix jours alors qu’elles cherchaient à s’approvisionner en nourriture fournie par des organisations humanitaires internationales autour de la ville de Bentiu (nord). Certaines des victimes sont âgées de moins de 10 ans, d’autres étaient enceintes ou avaient plus de 65 ans, avait précisé MSF.

Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en décembre 2013 à Juba, lorsque le président Salva Kiir, un Dinka, a accusé Riek Machar, son ancien vice-président, de l’ethnie nuer, de fomenter un coup d’État.

Le conflit, marqué par des atrocités à caractère ethnique et le recours au viol comme arme de guerre, a fait plus de 380.000 morts selon une étude récente, et poussé plus de quatre millions de Sud-soudanais, soit près d’un tiers de la population, à s’enfuir.