Espagne: Un parti d'extrême droite entre au parlement régional d'Andalousie

ESPAGNE C'est la première fois depuis le rétablissement de la démocratie en Espagne après la mort de Franco en 1975 qu'un parti d’extrême droite entre dans un parlement régional...

20 Minutes avec AFP

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Santiago Abascal, le chef du parti d'extrême droite Vox, à Madrid le 1er décembre 2018.
Santiago Abascal, le chef du parti d'extrême droite Vox, à Madrid le 1er décembre 2018. — Paul White/AP/SIPA

C’est une première dans un parlement régional espagnol. Un petit parti d’extrême droite, Vox, a remporté 12 sièges aux élections en Andalousie et mis fin à la domination de la gauche dans la région la plus peuplée du pays, une gifle pour le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez.

Après dépouillement de plus de 99 % des bulletins de vote, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) enregistre le pire résultat de son histoire en Andalousie, une région méridionale de 8,4 millions d’habitants. Il tombe de 47 à 33 sièges (sur 109). Ceux obtenus par ses alliés de la gauche radicale ne lui suffiront pas pour parvenir à la majorité absolue de 55 sièges sur 109 et donc pour former un gouvernement.

Opposé à l’immigration illégale et à l’indépendantisme catalan

Le PSOE dirige l’Andalousie, seul ou en coalition, depuis 1982 mais n’a pas réussi à faire reculer le chômage et a été éclaboussé par un vaste scandale dans lequel sont impliqués deux anciens présidents de la région et ayant donné lieu à un procès-fleuve qui approche de son dénouement.

Un parti d’extrême droite entre dans un parlement régional pour la première fois depuis le rétablissement de la démocratie en Espagne après la mort du dictateur Francisco Franco en 1975. Vox, né en 2013 et opposé à l’immigration illégale et à l’indépendantisme catalan, a dépassé les prévisions des sondages qui le créditaient au mieux de cinq sièges. « Les Andalous ont fait l’histoire (…) et se sont débarrassés de 36 ans de régime socialiste », a lancé son chef Santiago Abascal, en célébrant son « triomphe ».

Avant même la publication des premiers résultats, Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national (France, extrême droite), avait adressé dans un tweet « ses vives et chaleureuses félicitations » à ses « amis de Vox ».

Camouflet pour Pedro Sanchez, qui gouverne depuis six mois

La débâcle du PSOE en Andalousie est un camouflet pour Pedro Sanchez qui gouverne l’Espagne depuis six mois à peine avec une minorité de 84 sièges sur 350 à la chambre des députés. Il devrait convoquer des élections législatives dans l’année qui vient, sans doute après les élections municipales, régionales et européennes de mai prochain.

A droite, les conservateurs du Parti Populaire (PP) ont remporté 26 sièges, sept de moins qu’aux précédentes régionales en 2015, malgré tous les efforts de son nouveau chef Pablo Casado qui a succédé à l’ancien Premier ministre Mariano Rajoy cet été. Pablo Casado a réclamé dimanche soir la direction du gouvernement régional pour son parti et demandé à Pedro Sanchez de convoquer des élections. En revanche le Parti libéral Ciudadanos (centre droit) bondit de neuf à 21 sièges mais sans parvenir à dépasser le PP.

« Le changement l’a emporté aux élections andalouses », s’est écrié le chef de Ciudadanos, Albert Rivera. « Le "sanchisme" en a pris un coup, maintenant il s’agit de le couler dans les urnes ». Mathématiquement, en s’alliant à Vox, les deux partis de droite auraient une majorité de gouvernement avec 59 sièges. Aucun parti n’a exclu cette alliance sans précédent.