Affaire Carlos Ghosn: Le patron de Renault restera dix jours de plus en prison au Japon

ENQUETE Loin de son style de vie fastueux, Carlos Ghosn, âgé de 64 ans, séjourne à présent dans une cellule d’un établissement pénitentiaire du nord de Tokyo...

20 Minutes avec AFP

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Carlos Ghosn, le 9 janvier 2017 à Detroit.
Carlos Ghosn, le 9 janvier 2017 à Detroit. — Geoff Robins / AFP

Carlos Ghosn reste en prison. Le tribunal de Tokyo a approuvé ce vendredi la prolongation de la garde à vue du tout-puissant patron arrêté le 19 novembre à Tokyo dans le cadre d’une affaire de dissimulation de revenus au retentissement mondial.

Un délai supplémentaire de dix jours a été décidé à la requête du parquet, ont rapporté les médias locaux, une procédure courante dans le système judiciaire japonais.

Nouveau rendez-vous le 10 décembre. D’ici à cette date, les procureurs doivent décider de le libérer sans charges ou de l’inculper. S’il est effectivement mis en examen, il pourrait être placé en détention provisoire ou bien relâché sous caution.

Abus de biens sociaux et malversation

A ce stade, celui qui est toujours dirigeant de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors est soupçonné d’avoir minimisé ses revenus chez Nissan d’un milliard de yens par an (7,7 millions d’euros) sur la période d’avril 2010 à mars 2015, dans des documents publics remis par la société aux autorités financières nipponnes.

Or selon une source proche du dossier interrogée par l’AFP, l’enquête montre que cette situation a débuté dès 2009 et perdurait encore l’an dernier.

Les investigations pourraient donc théoriquement être étendues à d’autres années, ou bien à d’autres motifs, Nissan reprochant à son ancien patron d’avoir commis des abus de biens sociaux, tels que l’usage de résidences de luxe aux frais de la compagnie.

Dans ce cas, Carlos Ghosn, qui nie toute malversation, pourrait être de nouveau interpellé et le processus se répéter.

Des critiques jugées infondées

Face à certaines critiques à l’étranger, en particulier en France, sur la longueur et les conditions de détention, le parquet s’est défendu.

« Chaque pays a sa propre histoire, sa propre tradition, ses propres systèmes judiciaires. Je ne critique pas les règles des autres pays juste parce qu’elles sont différentes, et je trouve cela malvenu de le faire », a déclaré Shin Kukimoto, procureur adjoint de Tokyo, à l’occasion d’une conférence de presse jeudi.

« Nous ne gardons pas les suspects en garde en vue prolongée si ce n’est pas nécessaire », a-t-il martelé.

Loin de son style de vie fastueux, Carlos Ghosn, âgé de 64 ans, séjourne à présent dans une cellule d’un établissement pénitentiaire du nord de Tokyo. Ses avocats ne peuvent assister aux auditions et les visites sont très limitées.

Selon des médias nippons, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre japonais Shinzo Abe pourraient évoquer le sujet en marge du sommet du G20, qui s’ouvre ce vendredi en Argentine.