Dix-sept ados font un pacte de grossesse collective

INSOLITE Un babyboom dans un lycée du Massachusetts relance la polémique autour de la contraception...

Kéthévane Gorjestani

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Le groupe de travail du Sénat sur la maternité pour autrui a proposé mercredi dans un rapport de légaliser, sous strict encadrement, la pratique controversée des mères porteuses, déjà autorisée en Grande-Bretagne et en Grèce, mais interdite en France.
Le groupe de travail du Sénat sur la maternité pour autrui a proposé mercredi dans un rapport de légaliser, sous strict encadrement, la pratique controversée des mères porteuses, déjà autorisée en Grande-Bretagne et en Grèce, mais interdite en France. — Jean Ayissi AFP/Archives

Le lycée de Gloucester, dans le Massachusetts, va pouponner. Dix-sept de ses élèves, qui n’ont pas encore 16 ans, sont enceintes, a rapporté le magazine américain «Time» publié jeudi.

La moitié de ces adolescentes «ont avoué avoir conclu un pacte» pour élever leurs enfants ensemble, explique Joseph Sullivan, le proviseur. Ce qui expliquerait que le nombre de grossesses dans le lycée soit quatre fois supérieur à celui enregistré l’année dernière.

Un pacte pour une grossesse collective

L’établissement a commencé à s’intéresser à la question en octobre après un défilé de jeunes filles demandant des tests de grossesses à l’infirmerie. «Certaines étaient très heureuses du résultat», d’autres «semblaient déprimées quand c’était négatif», a expliqué un membre du comité de l’école, Greg Verga.

Et les pères dans tout ça? Pour l’instant, un seul a été identifié. «Nous avons découverts que l’un des pères est un SDF de 24 ans», a dit le proviseur au magazine.

Cet événement insolite a relancé plusieurs débats. Très vite, certains adultes ont mis en cause les récents films «Juno» et «En cloque, mode d’emploi», pour avoir présenté une image «glamour» de jeunes filles célibataires enceintes.

Polémique autour de la contraception

Ce babyboom a surtout relancé la polémique autour de la contraception, dans cette ville très catholique. Le médecin et l’infirmière en chef de l’école ont démissionné en mai, après que leur tentative de proposer des contraceptifs pour les élèves a été rejetée.

Autre explication. Le petit port de Gloucester subit de plein fouet le déclin de l’industrie de la pêche. «C’est une ville en transition qui traverse une période économique difficile», a expliqué, le maire, Carolyn Kirk. Ces filles «pensent qu’un bébé peut remplir un vide dans leur vie».

Amanda Ireland, une jeune mère de 18 ans qui vient de finir le lycée, pense connaître la raison d’un tel pacte: «Elles sont tellement excitées à l’idée d’avoir enfin quelqu’un qui les aimera de façon inconditionnelle.» Les filles venaient régulièrement lui dire à quel point elle était chanceuse d’avoir un bébé. «J’ai essayé de leur expliquer que c’est dur de se sentir aimée quand un nourrisson crie parce qu’il a faim à 3h du matin.»

La politique du lycée, où «les poussettes se mélangent naturellement aux pompoms girl», a également été remise en cause. A Gloucester, les cours d’éducation sexuelle s’arrêtent en 3e et les jeunes parents sont encouragés à amener leur bébé dans l’établissement, qui propose une crèche gratuite.