Etats-Unis: En détention, Samuel Little avoue 90 meurtres et devient l'un des pires tueurs en série d'Amérique

PRISON Les victimes de Samuel Little sont toutes des femmes, souvent des prostituées ou des droguées, plutôt noires ou hispaniques…

20 Minutes avec AFP

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Samuel Little dans sa prison du Texas (photo non datée).
Samuel Little dans sa prison du Texas (photo non datée). — HO / Ector County Sheriff's Office / AFP

L’ampleur de ses crimes pourrait le faire entrer dans l’histoire comme l’un des tueurs en série les plus meurtriers des Etats-Unis. A 78 ans, Samuel Little a confessé avoir commis 90 meurtres, dont la plupart étaient passés inaperçus. Le FBI, qui continue de recouper ses dires, a déjà confirmé sa responsabilité dans la mort de 34 personnes. Ses victimes sont en grande majorité des femmes marginales, souvent des prostituées ou des droguées, plutôt noires ou hispaniques, tuées entre 1970 et 2005 dans une quinzaine d’États.

« Jackson, Mississippi : une ; Cincinnati, Ohio : une ; Phoenix, Arizona : trois ; Las Vegas, Nevada : une… » La clarté des souvenirs de l’accusé, des dizaines d’années après les meurtres, fait froid dans le dos. « C’est effrayant à quel point ses souvenirs sont clairs après toutes ses années », a confié au New York Times, Michael Mongeluzzo, un policier de Floride qui l’a interrogé. « Il se rappelle des noms, des visages. »

Des crimes déguisés en overdoses ou accidents

Cet ancien boxeur tuait ses victimes en leur portant des coups violents ou les étranglait, avant d’abandonner leurs corps sur un bord de route, en contrebas d’une falaise ou dans une décharge. Faute d’impact de balles ou de coups de couteau, nombre de ses homicides ont été classés comme des overdoses, des accidents ou des causes naturelles, a expliqué la police fédérale dans un communiqué.

Arrêté des dizaines de fois pour des vols, enlèvements, ou autres violences, son errance meurtrière n’a été soupçonnée qu’à deux reprises, au début des années 1980. Lié à la disparition de deux jeunes femmes, l’une dans le Mississippi, l’autre en Floride, il avait toutefois été relâché faute de preuves. Ce n’est qu’en 2012 que les forces de l’ordre ont établi avec certitude sa responsabilité dans plusieurs meurtres.

Aveux contre transfert dans une autre prison

Interpellé dans le cadre d’une affaire de trafic de drogues, son ADN l’a impliqué dans la mort de trois femmes à Los Angeles entre 1987 et 1989. Lors de son procès, qui s’est conclu en 2014 par une peine de réclusion à perpétuité, il avait crié son innocence et échangé des insultes avec le fils d’une victime, rapportait alors la presse locale.

Quatre ans plus tard, son discours a radicalement changé. Désireux d’être transféré dans un autre établissement, le détenu, qui se déplace désormais en fauteuil roulant et souffre d’un fort diabète, a accepté de coopérer avec le FBI. Au-delà des attentes. « Il a cité les villes, les États et a donné le nombre de personnes tuées dans chaque lieu », a raconté l’agent Christina Palazzolo citée dans le communiqué du FBI. Quand il s’est arrêté, son addition macabre s’élevait à 90 morts, autant que le nombre de victimes imputées à Gary Ridgway, qui détient le sinistre record du tueur en série condamné pour le plus grand nombre de meurtres aux Etats-Unis.

Confessions sans émotion

Samuel Little a été interrogé quasi quotidiennement depuis ses aveux de mai mais les autorités n’ont pour l’instant pu confirmer que 34 des meurtres confessés. Le septuagénaire se souvient sans émotion mais avec une grande précision de ses victimes, de leur nom (Alice, Mary-Ann, Linda…), de leur âge, des lieux et des circonstances des crimes. Mais il est très flou sur les dates.

Lors de leurs échanges, le policier lui a demandé comment il avait réussi à échapper pendant aussi longtemps à la justice. « Je pouvais aller dans mon monde et faire ce que je voulais », lui a répondu Samuel Little en évoquant sa vie aux marges de la société, au cœur de quartiers déshérités. « Je ne serai pas allé dans votre monde. »