Royaume-Uni: Indignation après une décision de justice permettant à un violeur de voir l'enfant né de son crime

CRIME La mère de l'enfant a publié une vidéo sur Twitter pour dénoncer cette décision de justice...

20 Minutes avec AFP

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La ville de Rotherham, au moment de l'enquête sur les viols collectifs perpétrés pendant des années.
La ville de Rotherham, au moment de l'enquête sur les viols collectifs perpétrés pendant des années. — OLI SCARFF / AFP

Au Royaume-Uni, la justice a décidé de permettre à un homme de voir son enfant né d’un viol. Indignée, la mère de l’enfant, qui est aussi la victime de ce crime, a appelé à un changement de législation.

Le quotidien The Times affirme que Arshid Hussain, condamné à 35 ans de prison en 2016 pour de multiples agressions sexuelles contre des jeunes filles, s’est vu proposer par la ville de Rotherham d’obtenir un droit de visite de son fils, sur lequel il n’exerce pas d’autorité parentale. Cette décision intervient dans le cadre d’une procédure de placement de l’enfant.

Un danger pour son fils

Sammy Woodhouse a révélé mardi dans une vidéo postée sur Twitter être la mère de l’enfant, conçu lors de son viol à 15 ans. Elle était l’un des témoins clés de l’enquête policière. Avec l’aide de la députée travailliste Louise Haigh, elle plaide pour un changement de législation afin que les personnes condamnées pour viol ne puissent avoir accès aux enfants conçus lors de ces crimes.

« Cette histoire me concerne, concerne mon enfant, l’homme qui m’a violée et le fait que le conseil de Rotherham lui a proposé de solliciter des droits parentaux sur mon enfant », a-t-elle dénoncé dans la vidéo. « Ceci arrive dans tout le pays et doit s’arrêter », a-t-elle insisté. Selon elle, l’homme constitue « un danger » pour elle-même et son fils.

Obligation d’informer les parents

Un porte-parole du conseil de Rotherham a indiqué avoir l’obligation légale d’informer les parents, qu’ils aient ou non une responsabilité parentale, des procédures judiciaires concernant leur enfant. « Nous comprenons que ces obligations légales peuvent contrarier les personnes impliquées et nous saluons la tenue d’un débat sur cette problématique, qui concerne l’Angleterre et le Pays de Galles », a-t-il ajouté. Selon le ministère de la Justice toutefois, « les autorités locales peuvent demander à un tribunal la permission de ne pas informer les parents dépourvus d’autorité parentale des procédures relatives à un enfant ».

L’affaire des viols collectifs de Rotherham a provoqué une grande émotion au Royaume-Uni. L’agresseur faisait partie d’un gang d’hommes originaires du Pakistan, dont plusieurs membres, notamment ses frères et son oncle, ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement dans un contexte plus vaste d’abus contre des mineures.