Pays-Bas: La compagnie nationale de chemin de fer va indemniser les proches de Juifs déportés

DEPORTATION L’entreprise s’était déjà officiellement excusée en 2005...

20 Minutes avec agences

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Entre 100.000 et 150.000 personnes ont été déportés depuis les Pays-Bas vers les camps d'extermination.
Entre 100.000 et 150.000 personnes ont été déportés depuis les Pays-Bas vers les camps d'extermination. — Focke Strangmann/AP/SIPA

Roger van Boxtel, le dirigeant de la société nationale ferroviaire néerlandaise Nederlandse Spoorwegen (NS), a décidé de « mettre en place une commission » afin d'indemniser les familles des Juifs déportés durant la Seconde Guerre mondiale.

Le responsable a pris cette décision après des discussions avec Salo Muller, l’ancien physiothérapeute de l’équipe de football de l’Ajax d’Amsterdam, qui a perdu ses deux parents pendant la guerre.

Des indemnités individuelles

Salo Muller milite depuis 2017 pour que la compagnie ferroviaire indemnise les proches des victimes. L’entreprise a transporté des Juifs durant la guerre depuis Amsterdam vers le camp de transit de Westerbork, dans le nord-est des Pays-Bas. De Westerbork, les déportés étaient ensuite transférés vers les camps de concentration.

Comme d’autres entreprises, la compagnie a poursuivi ses activités au service des occupants nazis après l’invasion allemande en mai 1940. Selon la chaîne de télévision nationale NOS, la NS a gagné des fortunes en transportant des familles juives vers Westerbork.

Entre 100.000 et 150.000 déportés

La NS a donc décidé de créer une commission qui devra « déterminer comment, pour des raisons morales, l’entreprise peut verser des indemnités individuelles ». Quelque 107.000 des 140.000 personnes de confession juive habitant aux Pays-Bas ont été acheminés à Westerbork avant d’être envoyés vers les camps de la mort, dont l’adolescente Anne Frank, devenue célèbre pour son journal intime.

La Nederlandse Spoorwegen s’est officiellement excusée en 2005 pour ses actes pendant la Seconde Guerre mondiale, mais aucune indemnité n’avait été versée. « C’était une période sombre de l’histoire de notre pays et aussi de notre compagnie », avait indiqué l’entreprise. « C’est un passé que nous ne pouvons ignorer. »