Afghanistan: La sécheresse pousse certains habitants à vendre leurs enfants selon l’ONU

PAUVRETE Au moins 161 enfants ont été « vendus » sur une période de quatre mois seulement dans les provinces touchées par la sécheresse...

20 Minutes avec agences

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Le président afghan Mohammad Ashraf Ghani lors de la Conférence sur l'Afghanistan à Génève, le 27 novembre 2018.
Le président afghan Mohammad Ashraf Ghani lors de la Conférence sur l'Afghanistan à Génève, le 27 novembre 2018. — Denis Balibouse/AP/SIPA

L’Afghanistan traverse actuellement la pire sécheresse depuis des décennies et des millions d’habitants risquent la famine. Face à une situation de plus en plus critique, certaines familles « vendent » leurs filles en mariage pour rembourser des dettes ou acheter de la nourriture, a alerté l’ONU ce mardi.

Au moins 161 enfants, dont six garçons, ont été « vendus » sur une période de quatre mois seulement dans les provinces de Herat et de Badghis, selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Ces enfants sont âgés d’un mois à seize ans, a spécifié lors d’un point presse l’une de ses porte-parole, Alison Parker.

« Leurs parents étaient endettés »

S’exprimant en marge d’une conférence internationale sur les efforts de réforme du gouvernement afghan, qui se tient jusqu’à ce mercredi à Genève (Suisse), Alison Parker a déclaré que les enfants qui avaient été interrogés entre juillet et octobre avaient été « fiancés, mariés ou… vendus car leurs parents étaient endettés ».

« Avant la sécheresse, plus de 80 % des ménages étaient déjà endettés », a-t-elle expliqué, ajoutant que beaucoup de personnes qui avaient espéré rembourser leur dette après les récoltes ont été incapables de le faire. « La pratique du mariage des enfants est en quelque sorte une norme sociale enracinée en Afghanistan », a encore avancé Alison Parker. 35 % de la population observe cette pratique dans tout le pays, et jusqu’à 80 % dans certains endroits.

Au moins trois millions d’Afghans risquent la famine

Des membres de la société civile afghane ont fait part de leur consternation face à ce phénomène de jeunes filles « vendues ». « C’est très, très choquant », a déclaré Suraya Pakzad, qui dirige Voice of Women dans le pays. « Les gens ont désespérément besoin d’aide. Particulièrement de nourriture », a-t-elle ajouté.

Selon l’ONU, au moins trois millions d’Afghans sont en situation d’urgence alimentaire absolue et risquent la famine. Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) a annoncé dans un communiqué avoir mené samedi son premier « pont aérien » dans l’ouest du pays pour acheminer des milliers de tentes pour les personnes déplacées par le conflit et la sécheresse. Douze vols depuis le Pakistan sont prévus.