Crash en Indonésie: L'avion n'aurait pas dû être autorisé à voler selon l'enquête

ACCIDENT Le rapport des enquêteurs publié un mois après le crash n’identifie pas les causes de l’accident mais il fournit un point d’étape sur l’enquête et formule des recommandations...

20 Minutes avec AFP

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L'appareil de Lion Air s'est abîmé au large de l'Indonésie fin octobre
L'appareil de Lion Air s'est abîmé au large de l'Indonésie fin octobre — AZWAR IPANK / AFP

L’appareil de Lion Air qui s’est abîmé au large de l’Indonésie fin octobre n’aurait pas dû être autorisé à voler après un problème technique lors du vol précédent, ont estimé ce mercredi les enquêteurs indonésiens qui pointent une série de défaillances de la compagnie.

Le Boeing 737 Max 8 à destination de Pangkal Pinang avait plongé une dizaine de minutes après avoir décollé de Jakarta le 29 octobre, entraînant dans la mer 189 passagers et membres d’équipage dont aucun n’a survécu.

Les causes de l'accident toujours non identifiées

« Au cours du vol de Denpasar à Jakarta » précédant celui qui a eu une issue fatale, « l’appareil a subi un problème technique mais le pilote a décidé de continuer le vol », a indiqué Nurcahyo Utomo, le responsable de l’agence de sécurité des transports en charge de l’enquête.

« A notre avis, l’avion n’était plus en état de voler et n’aurait pas dû continuer » mais revenir à son point de départ à Denpasar, sur l’île de Bali, a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse.

Dans son rapport d’enquête préliminaire, l’agence indonésienne a souligné que la compagnie aérienne indonésienne à bas coût Lion Air devait renforcer ses mesures de sécurité, soulignant des défaillances techniques et opérationnelles.

Ce rapport publié un mois après le crash n’identifie pas les causes de l’accident - un rapport définitif n’étant pas attendu avant l’année prochaine - mais il fournit un point d’étape sur l’enquête et formule des recommandations.

Problèmes de commandes

Au cours du dernier vol de l’appareil, les pilotes ont demandé aux contrôleurs aériens quelles étaient leur vitesse et leur altitude, en expliquant avoir des « problèmes de commandes de vol », selon le rapport des enquêteurs.

L’appareil avait subi des problèmes similaires apparemment liés à des mesures erronées fournies par des capteurs lors de son vol précédent, mais les pilotes étaient passés en pilotage manuel pour reprendre le contrôle de l’appareil.

Les enquêteurs n’ont pas expliqué pourquoi les pilotes du dernier vol JT610 n’ont pas pu faire de même.

Lion Air doit prendre des mesures « pour améliorer la culture de sécurité » et s’assurer que « les documents opérationnels » qui répertorient notamment les réparations sur ses appareils « soient bien remplis et documentés », note le rapport.

Il ne formule pas en revanche à ce stade de recommandations concernant le constructeur de l’appareil, bien que le Boeing 737 Max 8 exploité par Lion Air a subi des problèmes récurrents liés à son système anti-décrochage, selon les premiers éléments fournis par l’enquête. Ces problèmes avaient été réparés avant le vol Denpasar-Jakarta et après, et l’avion, un modèle neuf entré en service en août, avait été autorisé à repartir par les responsables techniques de Lion Air.