L'ex-chef de campagne de Trump aurait rencontré Assange en secret, WikiLeaks dément

RUSSIAGATE L'information potentiellement explosive du «Guardian» n'a pour l'instant pas été corroborée...

Philippe Berry

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L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, à sa sortie d'un tribunal de Washington, le 28 février 2018.
L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, à sa sortie d'un tribunal de Washington, le 28 février 2018. — Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
  • Paul Manafort aurait rencontré Julian Assange à l'ambassade d'Equateur à Londres en mars 2016.
  • C'est à cette période que les emails du directeur de campagne d'Hillary Clinton ont été piratés.
  • Paul Manafort a rejoint la campagne de Donald Trump le 28 mars 2016.
  • Le procureur Robert Mueller va sans doute rendre son rapport au cours des prochaines semaines.

C’est la question la plus critique dans l’enquête sur une possible collusion avec la Russie : la campagne de Donald Trump s’est-elle coordonnée avec WikiLeaks pour publier les emails piratés du parti démocrate et du directeur de campagne d’Hillary Clinton avant l’élection ? Selon une information du Guardian, Paul Manafort aurait rencontré en secret Julian Assange à l’ambassade d’Equateur à Londres en mars 2016, au moment où il a pris la tête de la campagne de Donald Trump. WikiLeaks a fermement démenti, se disant prêt à parier un million de dollars qu’une rencontre entre les deux hommes n’avait jamais eu lieu.

Selon le Guardian, Paul Manafort, qui faisait du lobbying en Ukraine pour le compte du président pro-Russie Viktor Ianoukovitch, aurait rencontré Julian Assange à l’ambassade d’Equateur à Londres en 2013, en 2015 et au printemps 2016, sans doute en mars. Le quotidien britannique se base sur le témoignage de deux sources « bien placées » à l’ambassade, ainsi que sur un rapport des services du renseignement équatorien. Les visites à Assange sont en général archivées lors d’un contrôle de sécurité, mais ça n’a pas été le cas pour Manafort, précise le Guardian.

Le démenti de WikiLeaks à prendre avec des pincettes

Jugé pour blanchiment d’argent dans une affaire séparée, Paul Manafort a récemment plaidé coupable et collabore depuis septembre avec les services du procureur Robert Mueller dans l’enquête sur la Russie. Mais lundi, le procureur a accusé l’ancien lobbyiste d’avoir menti aux enquêteurs et d’avoir ainsi enfreint son accord de plaider-coupable.

L’avocat de Paul Manafort a refusé de commenter l’information du Guardian. WikiLeaks, de son côté, a fermement démenti, se disant prêt à parier « un million de dollars » que son cofondateur n’a « jamais rencontré » Manafort. Par le passé, l’organisation avait toutefois juré qu’elle n’avait jamais communiqué avec un autre conseiller de Donald Trump, Roger Stone, mais des messages privés échangés sur Twitter ont depuis été publiés.

Rapport de Mueller imminent

Pourquoi une telle rencontre, si elle a eu lieu, est importante ? C’est au mois de mars 2016 que les emails du directeur de campagne d’Hillary Clinton, John Podesta ont été piratés par le renseignement militaire russe (GRU), selon l’acte d’inculpation de 12 agents russes. Paul Manafort a officiellement rejoint la campagne de Donald Trump le 28 mars, avant d’en prendre la tête en juin.

Selon le renseignement américain, la Russie aurait fourni à WikiLeaks les emails piratés du parti démocrate et de John Podesta. Les premiers avaient été publiés à partir de juin, et les seconds à partir du 7 octobre… Quelques heures après la publication de l’enregistrement d’Access Hollywood « Grab them by the pussy ». Le rapport final de Robert Mueller, qui pourrait être remis au département de la Justice d’ici la fin de l’année ou début 2019, devrait sans faire toute la lumière sur l’affaire.