L'Espagne juge que Ryanair n'a pas respecté le droit de grève

ANTI-SOCIAL La compagnie aérienne à bas-coût est dans le viseur du ministère du Travail espagnol...

G. N. avec AFP

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Avions Ryanair (Illustration).
Avions Ryanair (Illustration). — Martin Meissner/AP/SIPA

Le ministère du Travail espagnol a jugé que Ryanair n’avait pas respecté le droit de grève de son personnel de cabine, a-t-on appris lundi de source syndicale. Selon les syndicats espagnols USO and Sitcpla, le ministère a estimé qu’en contactant ses employés par courriel ou téléphone pour savoir s’ils allaient faire grève lors des mouvements des 25 et 26 juillet ainsi que le 28 septembre, la compagnie n’avait pas respecté leurs droits. Contacté par l’AFP, le ministère a confirmé qu’il avait « informé la compagnie d’infractions » mais a refusé d’en dire plus.

Dans un document en date du 22 novembre consulté par l’AFP, le département de l’inspection du travail du ministère indique que des responsables de la compagnie basés en Espagne ont « fait obstruction » au travail des inspecteurs du travail lorsque ces derniers ont voulu enquêter sur les accusations de non-respect du droit de grève. « Les responsables des bases [de Ryanair] - ou ceux agissant en tant que tels - ont dit aux inspecteurs qu’ils ne disposaient pas des informations nécessaires pour recevoir en bonne et due forme l’inspection du travail et ont fait obstruction dans certains cas à leur travail de vérification », est-il écrit dans ce document.

Des sanctions pour 16 infractions

Sur la base d’entretiens avec des employés de la compagnie, le ministère conclut aussi dans ce document que Ryanair n’a pas respecté le droit de grève en demandant à ses salariés par courriel ou par téléphone s’ils allaient participer au mouvement.

Au total, le ministère compte sanctionner la compagnie pour 16 infractions. Le montant potentiel des pénalités financières n’est en revanche pas stipulé. Ryanair, qui peut faire appel de cette décision du ministère, a affirmé lundi dans un communiqué « ne pas avoir connaissance de ces "propositions" », en référence au projet du ministère d’imposer des amendes à la société irlandaise. « Nous respectons les droits de nos employés, conformément à la législation irlandaise, espagnole et de l’Union européenne », a assuré Ryanair.