VIDEO. Affaire Carlos Ghosn: Après Nissan, Mitsubishi Motors évince à son tour son président

MALVERSATIONS Le limogeage de Carlos Ghosn a été décidé à l’unanimité des sept membres, dont le dirigeant exécutif Osamu Masuko, qui va prendre la présidence…

20 Minutes avec AFP
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Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, à New York le 2 avril 2015.
Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, à New York le 2 avril 2015. — Mark Lennihan/AP/SIPA

Il n’est officiellement plus que PDG de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors et du groupe automobile français Renault. Quelques jours après sa révocation de Nissan, Carlos Ghosn, accusé de malversations financières, a été déchu de son titre de président du conseil d’administration de Mitsubishi Motors, ce lundi.

A l’issue d’une réunion extraordinaire, le troisième groupe de l’alliance automobile Renault-Nissan a jugé « difficile » de maintenir en poste le puissant capitaine d’industrie de 64 ans, une semaine exactement après son arrestation surprise à Tokyo. Le limogeage de Carlos Ghosn a été décidé à l’unanimité des sept membres, dont le dirigeant exécutif Osamu Masuko, qui va prendre la présidence, et deux responsables de Nissan, le principal actionnaire de MMC avec 34 % de capital.

Un audit lancé chez Renault pour vérifier la rémunération de Carlos Ghosn

Carlos Ghosn est soupçonné par le parquet d’avoir dissimulé une partie de ses revenus aux autorités financières et est en outre accusé par Nissan de « graves malversations financières », découvertes au cours d’une enquête interne effectuée durant plusieurs mois dans le plus grand secret. Plus petit du trio avec 1,2 million de voitures vendues par an, Mitsubishi Motors se sépare de celui qui avait volé à sa rescousse en 2016 au moment où il était fragilisé par un scandale de falsification des données.

Carlos Ghosn n’est officiellement plus que PDG de l’Alliance et du groupe automobile français Renault, où un audit a été lancé pour vérifier ses rémunérations, selon le gouvernement français. « Tant qu’il n’y a pas de charges tangibles », Carlos Ghosn ne sera pas démis de sa fonction, a précisé le ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire. La direction intérimaire est assurée par le numéro deux, Thierry Bolloré.

Une réunion de l’alliance mercredi aux Pays-Bas

Nissan, de son côté, a tranché jeudi à l’unanimité, « en se fondant sur l’abondance et la nature convaincante des preuves », selon les propos d’un porte-parole. Hiroto Saikawa, l’actuel patron exécutif de Nissan, a adressé lundi un message aux salariés au cours d’une réunion au siège à Yokohama, en banlieue de Tokyo, et retransmise sur les autres sites du groupe.

Hiroto Saikawa fera mercredi le déplacement aux Pays-Bas, où doit se tenir une réunion de l’alliance, alors que des salariés et analystes se font l’écho de tensions et rancœurs accumulées au fil des ans chez Nissan. Le principal intéressé, toujours en garde à vue dans une prison du nord de Tokyo, nie, lui, les allégations. A ce stade, Carlos Ghosn est entendu par le parquet sur des soupçons de dissimulation de la moitié de ses revenus chez Nissan dans des documents remis par le groupe aux autorités financières japonaises entre 2011 et 2015.

La complicité de son bras droit Greg Kelly

Le montant concerné porte sur 5 milliards de yens (environ 38 millions d’euros) mais, d’après des médias, il aurait aussi minoré ses émoluments dans les trois exercices comptables suivants, ce qui porterait la somme non déclarée à 8 milliards de yens, sans compter 4 milliards découlant de plus-values sur des titres financiers. D’après des sources citées par le quotidien économique Nikkei, Carlos Ghosn percevait 2 milliards de yens par an au titre de PDG de Nissan jusqu’à début 2010, une rémunération qui n’était pas rendue publique à l’époque.

Après un changement dans la loi, cette année-là, Carlos Ghosn aurait abaissé sa rétribution à environ 1 milliard de yens par an, afin d’éviter les critiques, tout en reportant le paiement du milliard restant une fois qu’il se serait retiré. Tout ceci avec la complicité de son bras droit Greg Kelly, actuellement en détention et qui dément également les accusations.