«Black Friday»: Des employés d'Amazon en grève pour dénoncer leurs conditions de travail

CRISE SOCIALE Une action d’envergure avait déjà eu lieu en juillet dernier pendant une opération promotionnelle d’Amazon, baptisée « Prime day »… 

20 Minutes avec AFP
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Le site Amazon de Lauwin-Planque en 2015.
Le site Amazon de Lauwin-Planque en 2015. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Les grévistes ont décidé de frapper fort. Ce vendredi, jour des super soldes du «Black Friday», des salariés d' Amazon, en Espagne, en Allemagne et en Grande-Bretagne, se sont mis en grève pour dénoncer  leurs conditions de travail​.

Les employés, dont beaucoup suivent le hashtag #Amazonwearenotrobots (Amazon, nous ne sommes pas des robots), avaient déjà mené une action d'envergure en juillet pendant une opération promotionnelle d'Amazon, baptisée «Prime day». L’entreprise a défendu sa politique sociale, affirmant avoir créé au Royaume-Uni plus de 25.000 emplois bien payés et se présentant en Allemagne comme « un employeur aussi fiable que bon ».

Les syndicats dénoncent des conditions de travail « inhumaines »

En Espagne, le syndicat Comisiones Obreras (CCOO, Commissions ouvrières) a affirmé que le plus grand centre logistique d’Amazon à San Fernando de Henares était paralysé par la grève, les camions n’y entrant et n’en sortant plus. Mais la multinationale soutient, dans un communiqué, que « la majorité des employés de la vacation du matin travaillaient et traitaient les commandes ». En Allemagne, le premier syndicat des services, Verdi, a annoncé que la grève touchait deux sites, Bad Hersfeld (en Hesse, dans le centre du pays) et Rheinberg (en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à l’ouest).

Les employés réclament une convention collective. De Black Friday à Noël, «il y a beaucoup d'heures supplémentaires, qui sont bien moins bien rémunérées qu’au sein des entreprises bénéficiant de conventions collectives », a déclaré Silke Zimmer, responsable de Verdi pour la Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Le syndicat britannique GMB prévoit des manifestations de centaines d’employés d’Amazon dans cinq entrepôts de Grande-Bretagne. Le syndicat veut dénoncer les conditions de travail « inhumaines », citant des employés qui n’ont pas le temps d’aller aux toilettes ou une femme enceinte contrainte de travailler debout.

Des nouvelles journées de grèves prévues en décembre

Amazon soutient au contraire que les conditions de travail sont bonnes et que ces centres enregistrent 40 % d’accident en moins en moyenne que les autres compagnies de transport et de stockage dans le pays. En Espagne, CCOO accuse le groupe d’imposer ses conditions de travail aux employés et réclame des négociations. Selon Ana Berceruelo, membre de CCOO, les travailleurs qui tombent malades doivent désormais attendre trois jours avant de toucher l’intégralité de leur salaire et les pauses sont maintenant à la charge de l’employé, ce qui l’oblige à travailler huit heures et demie au lieu de huit heures.

Amazon en Espagne a dit miser sur une amélioration continue de son réseau, « qui passe par un dialogue ouvert et direct » avec ses employés, auxquels il assure offrir «un salaire attractif, toute une série d’avantages et des programmes de formation innovants ». Comme au Royaume-Uni, le géant américain invite tout un chacun à se rendre compte des conditions de travail en visitant ses centres de logistique. De nouveaux arrêts de travail sont prévus en Espagne samedi ainsi que les 7, 9, 15 et 30 décembre et les 3 et 4 janvier.