Etats-Unis: Sur Twitter, les médecins s'unissent contre les armes à feu

VIOLENCE Les médecins américains ont décidé de poster, sur les réseaux sociaux, des photos de salles de chirurgies et de blessés par balle pour montrer ce qu’est la réalité d’une fusillade…

Manon Aublanc
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Un revolver à une foire aux armes en Floride, le 17 février 2018.
Un revolver à une foire aux armes en Floride, le 17 février 2018. — Michele Eve Sandberg / AFP

Un chiffre hallucinant. Depuis le début de l’année 2018, 317 fusillades ont déjà eu lieu aux Etats-Unis, selon l’ONG Gunviolence.org. Une situation que dénoncent de plus en plus de médecins américains qui ont décidé de partir en guerre contre la NRA, le lobby pro armes.

Fin octobre, l’une des plus grandes revues médicales des Etats-Unis a publié une étude sur les conséquences sanitaires des violences par armes à feu, réclamant, par la même occasion, l’interdiction des fusils semi-automatiques. « Stay in your lane », avait simplement répondu le lobby pro armes, c’est-à-dire « mêlez-vous de ce qui vous regarde ».

« Tous les jours, on est témoins des dévastations causées dans ce pays par les armes à feu »

Depuis, médecins, chirurgiens, infirmiers ont décidé de répliquer, sur les réseaux sociaux, en publiant des photos de salles de chirurgies ensanglantées, de blessés par balle ou de blouses tachées, accompagnées du hashtag #ThisIsOurLane, entendez « c’est notre domaine ». Avec ces photos, les médecins entendent choquer, pour montrer ce qu’est la réalité d’une fusillade.

« Nous prenons soin chaque jour de ces patients. Tous les jours, on est témoins des dévastations causées dans ce pays par les armes à feu, depuis trente ans sans jamais que la situation ne s’améliore. Alors quand on vient nous dire "restez dans votre domaine de compétence, concentrez-vous sur la chirurgie et la médecine", c’est injuste je trouve », a expliqué Peter Masiakos, qui dirige l’unité de traumatologie pédiatrique du grand hôpital de Boston à Franceinfo.

[Attention, ces images sont destinées à choquer et peuvent heurter un public jeune ou sensible]

« Impossible de publier une photo du patient…. C’est donc un selfie. Voilà à quoi ça ressemble de #resterdansmondomaine ».

« Premier patient, premier jour de résidence : blessure par balle à la tête. Essayé de le sauver, alors que sa mère criait derrière mon épaule, nous implorant de le sauver. Il n’a pas survécu. Il n’était pas le seul non plus. #CestMONdomaine #CestNOTREdomaine #NRA »



« Nos derniers 24h ici à l'@UPennTrauma et aucun doute que c’est aussi arrivé dans de nombreux centres de traumatologie à travers la ville et le pays. Quand je suis arrivé au travail ce matin, pas de camions de télévisions pour couvrir la fusillade, personne ne demande des commentaires, pas d’indignation. Étonnant comme notre société peut simplement regarder ailleurs. »



« J’ai tenu le cœur de cet homme de 22 ans et utilisé ma main pour pomper le sang dans son corps criblé de balles. Nous avons réanimé cette personne pendant près d’une heure et on a pu l’emmener en salle d’opération, mais ne pourrait jamais rentrer chez lui, près de sa famille. Dites-moi, c’est du domaine de qui, @NRA ? »