Arrestation de Carlos Ghosn: L'action Nissan chute, le parquet de Tokyo confirme la garde à vue

JAPON Le PDG de l’alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors est soupçonné de n'avoir déclaré aux autorités fiscales que la moitié des 10 milliards de yens gagnés entre juin 2011 et juin 2015...

20 Minutes avec AFP

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Le 12 septembre 2018, Carlos Ghosn. Photo : JOEL SAGET / AFP)
Le 12 septembre 2018, Carlos Ghosn. Photo : JOEL SAGET / AFP) — AFP

Le parquet de Tokyo a confirmé mardi la garde à vue de Carlos Ghosn, PDG de l’alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, pour des soupçons de dissimulation de revenus. L’action de Nissan a par ailleurs plongé de plus de 6 % mardi matin à la Bourse de Tokyo, au lendemain de l’arrestation choc du dirigeant de son conseil d’administration.

Selon un communiqué, le dirigeant âgé de 64 ans « a conspiré pour minimiser sa rétribution à cinq reprises entre juin 2011 et juin 2015 ». La somme de 4,9 milliards de yens (environ 37 millions d’euros au cours actuel) a été déclarée aux autorités fiscales alors que Carlos Ghosn a gagné près de 10 milliards de yens sur la période, a expliqué le parquet. Le puissant patron d’industrie a été arrêté lundi après des mois d’enquête interne menée par Nissan, qui a transmis les résultats au parquet.

Le gouvernement japonais juge « la situation extrêmement regrettable »

Lors d’une conférence de presse tenue dans la soirée, le président exécutif du constructeur d’automobiles japonais, Hiroto Saikawa, a également mentionné « de nombreuses autres malversations, telles que l’utilisation de biens de l’entreprise à des fins personnelles ». Il a eu des mots très durs contre son ancien mentor, Carlos Ghosn, tombé pour avoir trop concentré les pouvoirs, selon ses mots. « C’est un problème que tant d’autorité ait été accordée à une seule personne », a-t-il déclaré au siège du groupe à Yokohama, en banlieue de Tokyo, dénonçant « le côté obscur de l’ère Ghosn ». Le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, a jugé mardi « la situation extrêmement regrettable », tout en se refusant à commenter le volet judiciaire de l’affaire.

Vers 1h10 mardi, heure française, le titre de Nissan tombait à 940 yens, soit un recul de 6,5 %, tandis que celui de Mitsubishi Motors, également présidé par Carlos Ghosn, lâchait 6,8 % à 680 yens. Le titre de Renault a lui terminé lundi à la Bourse de Paris sur une chute de 8,43 % à 59,06 euros, après être ponctuellement tombé de plus de 12 % dans la foulée des premières informations de presse.