VIDEO. Japon: Un vendeur de voitures d’occasion distingué par le guide Michelin pour ses nouilles ramen

JAPON Katsumi Yoshida a aménagé une cuisine, un comptoir et des tables dans son commerce de Tottori, dans l'ouest du Japon...

Mathias Cena

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Un bol de ramen (illustration).
Un bol de ramen (illustration). — JPDN/SIPA

Ramen et voitures d’occasion. La combinaison est improbable, mais son auteur, un commerçant du département rural de Tottori, dans l’ouest du Japon, vient d’être distingué par le prestigieux guide Michelin pour la qualité de ses nouilles servies dans un bol de soupe.

Katsumi Yoshida, à la tête de « Hot Air », un commerce de véhicules d’occasion sis dans le moins peuplé des 47 départements japonais, plus connu pour ses dunes de sable, s’est mis à la cuisine avec le désir « de proposer de bonnes choses à manger aux enfants », explique-t-il au quotidien Asahi.

Il fait d’abord goûter sa cuisine lors d’un événement local, où ses nouilles servies dans un bol de soupe délectent les festivaliers. Conforté par ce succès, le vendeur de voitures passe en 2012 à la vitesse supérieure. Il aménage une cuisine dans son commerce, installe un comptoir et des tables dans la salle de vente et se lance dans la restauration.

Il vise désormais l’étoile

Alors que la juxtaposition des grosses cylindrées et des bols de soupe laisse d’abord les clients sceptiques, Katsumi Yoshida poursuit inlassablement ses recherches culinaires, utilisant thermomètre et balance de cuisine électroniques pour doser au gramme près la préparation de son bouillon à base de poulet local ou de sardines séchées niboshi, sans additif chimique. Le bouche-à-oreille remplit peu à peu son magasin à l’heure du déjeuner, et il reçoit en février la visite d’un client en costume qui après avoir sifflé ses nouilles lui montre sa carte, où est inscrit le mot « Michelin ».

Véhicules et nouilles se partagent l’enseigne de « Hot Air »

Effectivement, quelque mois plus tard, son établissement figure dans l’édition 2019 Kyoto, Osaka et Tottori du guide, sortie en octobre. Il est présenté dans la catégorie « Bib gourmand », une distinction un cran en dessous de l’étoile, qui récompense des établissements de qualité dont l’addition n’est pas excessivement salée. Depuis la publication du guide, le restaurant ne désemplit pas et atteint chaque jour sa capacité maximum de 60 couverts. Mais l’ambitieux chef ne compte pas se reposer sur ses lauriers. Il vise désormais, explique-t-il au Asahi, une étoile au Michelin, distinction accordée à ce jour à deux établissements de ramen seulement au Japon, qui en compterait plus de 30.000.