Brexit: Theresa May écarte l'idée d'un nouveau referendum

ROYAUME-UNI La première ministre britannique se bat pour faire passer le projet d'accord, après les démissions de quatre membres de son gouvernement...  

20 Minutes avec AFP

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La Première ministre britannique Theresa May a défendu son projet d'accord avec l'UE sur le Brexit lors d'une conférence de presse, le 15 novembre 2018.
La Première ministre britannique Theresa May a défendu son projet d'accord avec l'UE sur le Brexit lors d'une conférence de presse, le 15 novembre 2018. — Matt Dunham/AP/SIPA

Le chaos du Brexit continue. Ébranlée par des démissions de ministres en série, la Première ministre britannique Theresa May a défendu jeudi bec et ongles son projet d’accord de divorce avec l’Union européenne, faisant planer la menace d’un retour en arrière sur le Brexit si elle n’obtenait pas de soutien. Jeudi soir, elle a toutefois écarté l’idée d’un second referendum en cas d’impasse.

« En ce que me concerne, il n’y aura pas de second référendum », a déclaré Theresa May, lors d’une conférence de presse. Plus tôt devant les députés britanniques, elle avait laissé planer la menace d’un retour en arrière sur le Brexit si le parlement n’appuyait pas le projet d’accord de divorce conclu mardi avec l’Union européenne.

« Je crois, avec chaque fibre de mon être, que le chemin que j’ai suivi est le meilleur pour mon pays », a déclaré Mme May devant la presse en fin de journée, assurant agir dans « l’intérêt national ».

Elle avait auparavant affronté pendant trois heures des députés vent debout contre l’accord, tentant de les convaincre de soutenir le texte de près de 600 pages qui avait provoqué un peu plus tôt la démission de quatre membres de son gouvernement, dont son ministre en charge du Brexit Dominic Raab.

L’Irlande du Nord au cœur des débats

« Le choix est clair : nous pouvons choisir de partir sans accord, risquer qu’il n’y ait pas de Brexit du tout, ou choisir de nous unir et soutenir le meilleur accord que nous pouvions négocier, cet accord », les a prévenus May. Mais outre l’hostilité prévisible de l’opposition, la cheffe du gouvernement est en butte à celle de bon nombre de députés de son propre parti, dont plusieurs tentent d’organiser un vote de défiance qui lui ferait perdre le pouvoir.

Le projet d’accord prévoit un « filet de sécurité » (« backstop » en anglais), solution de dernier recours prévoyant le maintien de l’ensemble du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE ainsi qu’un alignement réglementaire plus poussé pour l’Irlande du Nord, si aucun accord sur la future relation entre Bruxelles et Londres n’était conclu à l’issue d’une période de transition de 21 mois après le Brexit, prévu le 29 mars 2019, et prolongeable une fois. Pour Dominic Raab, « le régime réglementaire proposé pour l’Irlande du Nord présente une menace très réelle pour l’intégrité du Royaume-Uni ».

Theresa May doit à présent convaincre les parlementaires de voter le projet d’accord en décembre, une fois qu’il sera entériné lors d’un sommet européen le 25 novembre à Bruxelles.