«Montagne d'or»: Le projet de mine d'or en Guyane est un «mirage économique», selon WWF

ÉCONOMIE Le rapport a trouvé dix secteurs plus rentables et plus créateurs d’emploi que ce projet de mine d’or…

20 Minutes avec agences

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Une rue de Saint-Laurent-du-Maroni, ville guyanaise à côté de laquelle se trouverait la mine Montagne d'or (illustration).
Une rue de Saint-Laurent-du-Maroni, ville guyanaise à côté de laquelle se trouverait la mine Montagne d'or (illustration). — Chatsam/Wikimedia Commons

Non, la Montagne d’or ne sera pas aussi rentable qu’on pense. C’est la conclusion d’un rapport commandé par WWF France sur ce grand projet de mine d’or à ciel ouvert en Guyane, actuellement à l’étude en France.

Le « choc économique » recherché en Guyane sera obtenu grâce à l'« indépendance » alimentaire et énergétique, non grâce au secteur minier, martèle ce rapport du cabinet Deloitte, rendu public en début de semaine.

Un secteur extractif peu impactant

Columbus gold et Nordgold, les deux entreprises porteuses du projet, promettent de « développer l’économie guyanaise » en créant « 750 emplois directs et 2.500 indirects » et en amenant plus de 300 millions d’euros d’impôts et taxes en 12 ans d’exploitation. Montagne d’or est soutenu localement par le Medef, la chambre de commerce et d’industrie et une partie des élus.

Lors des débats publics sur le projet, la question du « type de développement possible et souhaitable en Guyane » est fréquemment revenue, souligne Laurent Kelle, responsable du WWF Guyane. Or le « secteur extractif » est le secteur marchand qui a le moins de conséquences positives fortes sur « le potentiel de développement économique durable de la Guyane ».

Un rapport décisif à paraître

La fameuse mine d’or générerait « une augmentation de valeur ajoutée et d’emplois quatre fois inférieure à celle du secteur de la construction ». Pour passer rapidement de 22 % à 7 % de chômeurs, Deloitte a pu identifier « 10 secteurs d’activité prioritaires » qui engendreraient « 2.000 à 5.000 emplois par an » d’ici à 2040. Parmi eux l’agriculture, la sylviculture, la pêche, le tourisme, les énergies renouvelables, la recherche, le droit…

En juillet, le gouvernement avait annoncé la création d’une commission interministérielle pour évaluer les « impacts » environnementaux et économiques de Montagne d’or. Le rapport, annoncé pour septembre, n’est pas encore paru. Il doit aider le gouvernement à prendre une décision avant fin 2018.