Etats-Unis: Le Texas va exécuter un Mexicain, malgré des protestations internationales

CONDAMNATION Le Mexique, et des défenseurs des droits de l’homme, ont régulièrement dénoncé le fait qu’il n’ait pas pu bénéficier de l’assistance juridique de son consulat…

20 Minutes avec AFP

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Cellules d'une prison du Montana aux Etats-Unis.
Cellules d'une prison du Montana aux Etats-Unis. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Le Mexique dénonce une violation du droit international. Un Mexicain de 64 ans, condamné à mort en 1993 pour avoir tué et dissimulé les cadavres de sa femme de ses deux enfants, doit être exécuté, ce mercredi (minuit heure française), par injection létale dans la chambre de la mort du pénitencier de Huntsvilleau Texas (Etats-Unis).

Roberto Moreno Ramosa a été condamné à la peine capitale pour avoir battu à mort, à l’aide d’une massue, son épouse et deux de leurs enfants, âgés de 7 et 3 ans, en 1992 dans la ville de Progreso, près de la frontière mexicaine, où la famille résidait depuis des années. Il avait dissimulé les cadavres sous le carrelage de leur salle de bain et avait épousé trois jours plus tard sa maîtresse, qui ignorait tout. Les corps n’avaient été découverts que deux mois plus tard.

Une décision « arbitraire » pour l’ONU

Pendant ses 25 ans dans le couloir de la mort, ses avocats ont tenté, en vain, plusieurs recours, arguant notamment qu’il souffrait de troubles bipolaires et de lésions cérébrales. Le Mexique, et des défenseurs des droits de l’homme, ont régulièrement dénoncé le fait qu’il n’ait pas pu bénéficier de l’assistance juridique de son consulat, un droit garanti par la Convention de Genève de 1963, signée par les Etats-Unis.

Son exécution constituerait une « violation flagrante des droits de l’homme et du droit international », a encore dénoncé lundi le gouvernement mexicain. Des experts de l’Onu ont eux jugé qu’elle serait « arbitraire », tandis que la commission inter-américaine des droits de l’homme appelait le Texas à « respecter ses obligations internationales en matière de droits de l’homme ».

Dix exécutions depuis le début de l’année au Texas

En 2003, le gouvernement mexicain avait saisi la justice internationale du cas de Roberto Moreno Ramos, ainsi que d’une cinquantaine d’autres de ses ressortissants condamnés à mort aux Etats-Unis. La Cour internationale de Justice (CIJ) de La Haye avait jugé que leurs droits consulaires avaient bien été bafoués, et avait ordonné une révision de leur dossier.

Mais la Cour suprême des Etats-Unis avait décidé en 2008 que les Etats américains n’étaient pas tenus d’appliquer les décisions de la CIJ. Depuis, cinq Mexicains ont été exécutés, tous au Texas, selon le Centre d’information sur la peine capitale (DPIC). Les Etats-Unis ont procédé à 20 exécutions depuis le début de l’année, dont dix au Texas.