Israël: Avigdor Lieberman, le ministre de la Défense, démissionne après le cessez-le-feu à Gaza

ACCORD Le Hamas, pour sa part, a décrit cette démission comme une «victoire pour Gaza, qui a réussi, par sa résistance, à ébranler la scène politique» israélienne... 

20 Minutes avec AFP

— 

Avigdor Liberman, ministre des Affaires Etrangères, en novembre 2014.
Avigdor Liberman, ministre des Affaires Etrangères, en novembre 2014. — Petros Karadjias/AP/SIPA

Pour le ministre israélien de la Défense, l’accord de cessez-le-feu est une « capitulation devant le terrorisme ». Au lendemain de l'accord entre le gouvernement et le Hamas, Avigdor Lieberman annoncé sa démission, ce mercredi, plaçant le gouvernement de Benjamin Netanyahu dans la tourmente.

Au lendemain d’un accord de cessez-le-feu avec les groupes palestiniens dans la bande de Gaza, Avigdor Liberman, le ministre ultranationaliste a dénoncé le cessez-le-feu et a appelé à des législatives avant l’échéance fixée à novembre 2019, jetant l’incertitude sur l’avenir du gouvernement en place depuis 2015, considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël. Il a également annoncé le retrait du petit parti qu’il dirige, Israël Beiteinou, de la coalition gouvernementale, laissant théoriquement le Premier ministre avec une majorité minimale d’un seul siège. Le Hamas, pour sa part, a décrit la démission comme une « victoire pour Gaza, qui a réussi, par sa résistance, à ébranler la scène politique » israélienne.

« L’Etat achète le calme à court terme au prix de graves dommages à long terme »

Un responsable du Likoud, le parti de droite du Premier ministre, a indiqué que Benjamin Netanyahu reprendrait le portefeuille de la Défense et jugé que des élections anticipées n’étaient pas nécessaires. « La ligne que nous avons suivie au cours des derniers mois est complètement fausse », a de son côté asséné Avigdor Lieberman. Avec le cessez-le-feu en particulier, «nous avons apporté une réponse insuffisante, inadéquate et inacceptable au tir de 500 roquettes» contre Israël, a-t-il dit.

« L’Etat achète le calme à court terme au prix de graves dommages à long terme pour la sécurité nationale », a poursuivi Avigdor Lieberman. L’ancien ministre de la Défense a critiqué la décision du gouvernement de permettre le transfert de dollars qataris dans la bande de Gaza principalement pour payer les salaires des fonctionnaires du mouvement islamiste palestinien Hamas.

« Nos ennemis nous ont suppliés d’accepter ce cessez-le-feu »

Avant l’annonce de cette démission, Benjamin Netanyahu avait défendu ses choix : « Nos ennemis nous ont suppliés d’accepter ce cessez-le-feu et ils savent très bien pourquoi ils l’ont fait », avait-il dit. Le mouvement islamiste Hamas, qui dirige sans partage la bande de Gaza, et les autres groupes palestiniens ont indiqué qu’ils respecteraient le cessez-le-feu « aussi longtemps que l’ennemi sioniste le respectera ».

Après l’annonce du cessez-le-feu, des milliers de Gazaouis ont participé à des manifestations de joie pour proclamer la « victoire sur Israël ». A l’inverse, nombre d’Israéliens de la « périphérie » soumise aux tirs de roquettes ont en effet exprimé dans la rue et sur les réseaux sociaux leur ressentiment contre un gouvernement qui devrait, à leurs yeux, frapper plus fort les groupes palestiniens.

Surenchère électoraliste

Malgré des mois de tensions persistantes le long de la frontière avec Gaza, le Premier ministre israélien a fait le choix du cessez-le-feu plutôt que de l’escalade, faute d’options, s’accordent les commentateurs. Benjamin Netanyahu préférerait contenir le Hamas plutôt que de tenter de l’éliminer, inquiet soit du vide que laisserait le mouvement islamiste, soit de l’impossibilité pour Israël d’assumer la sécurité d’un territoire d’où il s’est retiré en 2005.

Un autre pilier de la coalition et partisan de la manière forte, le ministre de l’Education et chef du parti nationaliste religieux Foyer juif, Naftali Bennett, a pris ses distances avec le cessez-le-feu. Depuis des mois, des élections anticipées avant l’échéance prévue de novembre 2019 sont dans l’air, favorisant les surenchères.