Procès d'El Chapo: Deux présidents mexicains démentent avoir reçu des pots-de-vin

ETATS-UNIS L’un des avocats du narcotrafiquant a affirmé qu'Enrique Pena Nieto et son prédécesseur avaient reçu plusieurs centaines de millions de dollars du cartel de Sinaloa...

M.C. avec AFP

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«El Chapo» lors de son procès à New York, le 13 novembre 2018.
«El Chapo» lors de son procès à New York, le 13 novembre 2018. — Elizabeth Williams/AP/SIPA

Le procès d’El Chapo fait réagir jusqu’au sommet de l’Etat mexicain. L’actuel président Enrique Pena Nieto et son prédécesseur Felipe Calderon ont démenti mardi avoir touché des pots-de-vin de la part du cartel de Sinaloa, après les accusations portées par l’un des avocats de Joaquim Guzman, alias El Chapo, à l’ouverture du procès du narcotrafiquant à New York.

« Le gouvernement de Enrique Peña Nieto a poursuivi, capturé et extradé le criminel Joaquin Guzman Loera. Les affirmations attribuées à son avocat sont complètement fausses et diffamatoires », a réagi sur Twitter Eduardo Sanchez, le porte-parole de la présidence mexicaine.

Son prédécesseur à la tête de l’Etat mexicain Felipe Calderon a lui aussi démenti ces accusations. « Les déclarations de l’avocat de Joaquin Guzman, alias El Chapo, sont totalement fausses et irresponsables. Ni lui, ni le cartel de Sinaloa, ou tout autre cartel, ne m’ont versé de l’argent » a déclaré sur Twitter l’ancien président mexicain (2006-2012).

 

El Chapo est un « bouc émissaire » du gouvernement mexicain selon ses avocats

L’un des avocats du narcotrafiquant avait affirmé mardi en ouverture du procès que le président mexicain et son prédécesseur avaient reçu des pots-de-vin du cartel de Sinaloa, l’un des plus puissants du pays. Plusieurs centaines de millions de dollars auraient ainsi - selon lui - été transférés, au nom de l’organisation, à Enrique Pena Nieto, président sortant, et, avant lui, à Felipe Calderon.

Le responsable de ces versements serait Ismael « El Mayo » Zambada, co-accusé lors du procès d'« El Chapo » mais actuellement en fuite, a déclaré Jeffrey Lichtman lors de sa plaidoirie introductive. « La vérité, c’est qu’il ne contrôlait rien », a affirmé le conseil au sujet de Joaquin Guzman, qui encourt la prison à perpétuité au terme de ce procès qui devrait durer plus de quatre mois.

Pour Jeffrey Lichtman, « El Chapo » est un « bouc émissaire » du gouvernement mexicain. « Pourquoi le gouvernement mexicain a-t-il besoin d’un bouc émissaire ? Parce qu’ils se font trop d’argent avec les pots-de-vin des barons des cartels. » « El Chapo » avait été arrêté en janvier 2016, dans son fief de Sinaloa, dans le nord-ouest du Mexique, six mois après son évasion rocambolesque d’une prison de haute sécurité par un tunnel de plus d’un kilomètre de long. Après ce camouflet, les autorités mexicaines avaient autorisé l’extradition vers les Etats-Unis de ce baron de la drogue à la notoriété internationale.