Allemagne: Un ancien garde de camp nazi clame son innocence malgré «sa honte»

PROCES Johann Rehbogen a travaillé comme garde du camp nazi de Stutthof, près de Gdansk en Pologne, entre juin 1942 et septembre 1944, où quelque 65.000 personnes ont été tuées…

20 Minutes avec AFP

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Johann Rehbogen, un ancien garde du camp nazi de Stutthof, est jugé au tribunal de Münster, en Allemagne, le 13 novembre 2018.
Johann Rehbogen, un ancien garde du camp nazi de Stutthof, est jugé au tribunal de Münster, en Allemagne, le 13 novembre 2018. — Guido Kirchner/AP/SIPA

« Je ne savais rien des tueries systématiques, des chambres à gaz et aussi du crématoire ». Jugé en Allemagne pour complicité de centaines de meurtres, ce mardi, Johann Rehbogen, un ancien garde du camp nazi de Stutthof, a exprimé sa « honte » d’avoir été SS, mais a clamé son innocence, affirmant ignorer l’existence des chambres à gaz.

Dans une déclaration lue par un avocat, Johann Rehbogen, 94 ans, a assuré avoir « honte » d’avoir été SS tout en expliquant avoir été « enrôlé sous la contrainte ». « Il y aurait eu des représailles pour ma famille si je n’y étais pas allé », dit l’ex-garde, âgé de moins de 21 ans au moment des faits et donc jugé comme « mineur ».

« Je ne suis pas un nazi, je ne l’ai jamais été et je ne le serai jamais »

Il a affirmé que le traitement des prisonniers avait été « un grand choc » pour lui et avoir eu « de la compassion pour eux ». Mais le nonagénaire a aussi assuré avoir tout ignoré de l’extermination des déportés. « Je ne savais rien des tueries systématiques, des chambres à gaz et aussi du crématoire », a-t-il clamé, « je ne suis pas un nazi, je ne l’ai jamais été et je ne le serai jamais ».

« Nous partons du principe que les gardes en savaient bien plus que ce qui a été affirmé ici », a affirmé le procureur, Andreas Brendel. Johann Rehbogen a servi entre juin 1942 et septembre 1944 à Stutthof, près de Gdansk en Pologne, où quelque 65.000 personnes ont été tuées, essentiellement des femmes juives des pays baltes et de Pologne. Ce camp a été intégré au système d’extermination des Juifs en juin 1944.

« Ceux qui ont été jadis coupables ne veulent pas vraiment assumer le passé »

« Son discours était dépourvu de sens, je n’en crois rien », a réagi un avocat d’un ancien détenu du camp, Manuel Mayer. « Mes clients ne sont pas naïfs et voient bien que ceux qui ont été jadis coupables ne veulent pas vraiment assumer le passé », lui a fait écho un autre avocat, Onur Özata, représentant d’anciens détenus vivant en Isräel et non présents mardi à l’audience.

Ainsi, selon l’acte d’accusation, l’ex-SS de Stutthof avait « connaissance de toutes les méthodes pour tuer » même s’il n’y a pas participé directement. Johann Rehbogen encourt un maximum de 15 ans de prison mais une telle peine est peu probable, au regard des condamnations précédentes et de son statut judiciaire de « mineur ». Le procès doit durer au moins jusqu’en janvier.