Birmanie: Le gouvernement se dit «prêt» au retour des Rohingyas

CRISE Le gouvernement estime que le Bangladesh serait responsable en cas de retard dans le retour en Birmanie de membres de la minorité musulmane...

20 Minutes avec agences

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Pas moins de 700.000 musulmans rohingyas ont été poussés à l'exode depuis août 2017
Pas moins de 700.000 musulmans rohingyas ont été poussés à l'exode depuis août 2017 — ED JONES / AFP

« Nous sommes prêts » à accueillir les Rohingyas, a déclaré ce dimanche Win Myat Aye, le ministre birman des affaires sociales. Le responsable a aussi détaillé les modalités du rapatriement planifié à partir du 15 novembre. Il incombe au Bangladesh « de s’assurer que les délais seront respectés », a-t-il indiqué.

Un responsable du ministère des Affaires étrangères du Bangladesh a indiqué que le rapatriement serait mené comme prévu mais qu’il serait de la responsabilité du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) de déterminer que chaque retour est volontaire.

150 rapatriements par jour

Le gouvernement du Bangladesh « nous a demandé officiellement d’évaluer le caractère volontaire » des retours, a confirmé le porte-parole du HCR Firas Al-Khateeb. « Mais nous n’avons pas encore terminé ce processus », a-t-il ajouté.

Après de multiples retards, la Birmanie et le Bangladesh ont élaboré une feuille de route prévoyant le rapatriement, dans une première phase, de 2.251 Rohingyas à un rythme de 150 par jour. Sous la menace de l’armée et de milices bouddhistes, plus de 720.000 membres de cette minorité musulmane ont fui la Birmanie depuis août 2017.

Les ONG inquiètes

Victimes d’un « génocide » selon l’ONU, les Rohingyas vivent dans d’immenses campements de fortune au Bangladesh. Le plan de rapatriement inquiète les ONG. Ce vendredi, 42 d’entre elles - dont Oxfam, Save the Children et Handicap International - ont lancé un appel pour dénoncer le projet, soulignant que les Rohingyas étaient « terrifiés » à l’idée de rentrer en Birmanie.

Ils craignent d’être cantonnés dans des camps dans l’État Rakhine, à l’ouest du pays, où plus de 120.000 d’entre eux sont déjà retenus dans des conditions extrêmement précaires.

Un risque de persécution « élevé »

La minorité craint aussi de subir des exactions et refuse de rentrer sans garantie de sécurité. La rapporteuse spéciale de l’ONU pour la Birmanie Yanghee Lee a par ailleurs estimé début novembre qu’ils étaient toujours exposés à un « risque de persécution élevé ».

Les Rohingyas demandent que les autorités birmanes leur délivrent une preuve de citoyenneté. La junte militaire les en a privés en 1982, faisant d’eux des citoyens de seconde zone sans accès à l’éducation et aux soins. En novembre 2017, la Birmanie et le Bangladesh avaient annoncé un plan de retour mais le processus était ensuite resté au point mort.