La Corée du Sud veut investir 230 millions d'euros dans les routes et le rail nord-coréens

TRANSFONTALIERS Le président sud-coréen Moon Jae-in a proposé de moderniser les vétustes infrastructures ferroviaires et routières nord-coréennes et de les connecter avec le réseau sud-coréen…

20 Minutes avec AFP

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Les délégations de Séoul et de Pyongyang se sont rencontrées le 9 janvier 2017, une première en deux ans. Les discussions se sont tenues à Panmunjom, village frontalier où fut signé le cessez-le-feu, dans la zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule.
Les délégations de Séoul et de Pyongyang se sont rencontrées le 9 janvier 2017, une première en deux ans. Les discussions se sont tenues à Panmunjom, village frontalier où fut signé le cessez-le-feu, dans la zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule. — KOREA POOL / AFP

Une main tendue. La Corée du Sud a annoncé vouloir investir 230 millions d’euros à la construction de nouvelles routes et voies ferrées en Corée du Nord, a annoncé un responsable ce jeudi. Séoul entend poursuivre ses projets transfrontaliers, en dépit des sanctions internationales contre Pyongyang.

Si la Corée du Sud veut continuer le dialogue avec Pyongyang, Washington, de son côté, exige la dénucléarisation de Pyongyang avant toute levée des sanctions économiques. Le président sud-coréen Moon Jae-in a proposé de moderniser les vétustes infrastructures ferroviaires et routières nord-coréennes et de les connecter avec le réseau sud-coréen.

Une « atteinte à la coordination internationale sur les sanctions contre le Nord »

Séoul veut investir l’année prochaine environ 295,1 milliards de wons (230 millions d’euros) dans ce type de projets, la majorité sous forme de dons (186,4 milliards de wons) et le reste sous forme de prêts, a déclaré un responsable du ministère de l’Unification. « Ce sont pour l’instant des estimations », a-t-il dit. « Nous poursuivrons nos efforts, y compris en coordination avec les Etats-Unis, pour mener à bien sans heurts les projets décidés par les deux Corées ». Un député sud-coréen a accusé Séoul d’ignorer les sanctions de l’ONU. « On dirait avec cette allocation que notre gouvernement porte atteinte à la coordination internationale sur les sanctions contre le Nord », a dit Chung Byoung-gug au journal Joong Ang Ilbo.

La Corée du Nord, pays reclus et pauvre, est soumise à de multiples sanctions de l’ONU du fait de ses tirs de missiles et essais nucléaires. La levée de ces mesures, qui interdisent en particulier à Pyongyang d’exporter son charbon, est une demande clé du Nord dans les négociations en cours sur son désarmement. Lors de leur sommet historique en juin à Singapour, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump avaient signé une déclaration vague sur la dénucléarisation mais depuis, les négociations n’ont guère progressé.