Afrique: La pratique de l'excision sur les jeunes filles est en forte baisse

MUTILATIONS L’âge moyen à laquelle l’intervention est pratiquée, avant le 10e anniversaire, diminue lui aussi…

20 Minutes avec agence

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Une femme devant une affiche anti-excision à Abidjan, en 2005.
Une femme devant une affiche anti-excision à Abidjan, en 2005. — KAMBOU SIA / AFP

La pratique de l’excision et autres mutilations génitales chez les femmes et les petites filles est en régression. L’ampleur de cette diminution varie d’un pays ou d’une région à l’autre. Elle est par exemple notable en Afrique de l’Ouest (de 73,6 % à 25,4 % entre 1996 et 2017) et du Nord (de 58 % à 14 % entre 1990 et 2015).

Mais elle est particulièrement importante en Afrique de l’Est. La prévalence des mutilations y était de 8 % en 2016 contre 71,4 % en 1995, selon une étude publiée ce mardi dans le British Medical Journal Global Health.

Baisse de l’âge moyen

Les chercheurs britanniques et sud-africains ont analysé des données concernant 200.000 enfants de 1990 à 2017 dans 27 pays africains, en Irak et au Yémen. Les informations ont été collectées de la naissance des sujets jusqu’à leurs 14 ans, fournissant des statistiques indisponibles jusque-là. « On disposait des chiffres des femmes de 15 à 49 ans, et ce sont les mères qui déclarent si elles ont, ou non, excisé leurs filles », explique au Monde la démographe française Armelle Andro.

L’étude montre aussi une baisse de l’âge moyen auquel intervient la mutilation. Il est désormais inférieur à 10 ans. Les chercheurs tempèrent tout de même ces chiffres en baisse car les facteurs de risque (traditions, pauvreté ou manque d’éducation) sont, eux, toujours présents. Les auteurs de l’étude se félicitent tout de même du succès des mesures anti-excision et évoquent « le succès de la politique nationale et internationale d’investissement et d’intervention au cours des trois dernières décennies ».