VIDEO. «Midterms» américaines: Au Texas, Beto O'Rourke perd l'élection mais relance l'espoir chez les démocrates

ELECTIONS A 46 ans, il n’a pas réussi mardi l’exploit de battre le sénateur sortant Ted Cruz lors des législatives de mi-mandat....

20 Minutes avec AFP

— 

Beto O'Rourke, le 24 octobre 2018 à Austin au Texas.
Beto O'Rourke, le 24 octobre 2018 à Austin au Texas. — Amanda Voisard/AP/SIPA

Beto O’Rourke a perdu les élections de mi-mandat au Texas. Dans une région traditionnellement ancrée à droite, ce député inconnu du grand public il y a encore deux ans, ex-rocker punk au CV politique peu étoffé mais avec du charisme à revendre, a bousculé les urnes. Il a acquis un statut d’étoile montante de la gauche américaine qui pourrait survivre à sa défaite.

A 46 ans, il n’a pas réussi mardi l’exploit de battre le sénateur sortant Ted Cruz lors des législatives de mi-mandat aux Etats-Unis. Mais le seul fait qu’il ait fait trembler ce poids lourd du Parti républicain, tendance ultraconservatrice, et sa défaite serrée, le placent sous les projecteurs au moment où le Parti démocrate va entrer dans la course pour désigner son candidat qui défiera Donald Trump en 2020.

Des discours optimistes

Longue silhouette dégingandée, éloquence et gestuelle passionnées, Beto, comme tout le monde l’appelle, a fait campagne sans relâche depuis 18 mois, mouillant littéralement ses chemises bleu clair dans la chaleur étouffante de chacun des 254 comtés du grand Etat du sud américain. Avec une vision optimiste de l’Amérique qui n’est pas sans rappeler celle que portait il y a dix ans un autre jeune prometteur, Barack Obama.

« Je nous connais bien et nous ne sommes pas un peuple qui fonde ses décisions sur la peur », disait-il récemment à l’AFP, dans un tacle à la campagne de Donald Trump. « Nous n’avons pas peur de l’avenir. » Tout en évitant de verser dans la rhétorique anti-Trump systématique, il s’est dit favorable à une destitution du président, un tabou pour les dirigeants démocrates soucieux de ne pas polariser les débats sur cette question.

Un candidat sérieux à la Maison blanche

Son engagement à ne pas céder à la surenchère partisane a toutefois rencontré des limites, comme quand, à la peine dans les sondages, il est passé à l’offensive contre Ted Cruz, qualifié de « malhonnête ». Dans des Etats-Unis divisés à l’extrême, ses appels au compromis semblent en tout cas avoir trouvé un certain écho. Et son plaidoyer contre le statu quo, ainsi que sa décision de refuser les dons d’entreprises ou de lobbies, ont séduit les électeurs au Texas et au-delà, lui permettant de lever des dizaines de millions de dollars en contributions individuelles.

Ses propos sur les violences policières saisis sur une vidéo devenue virale, ont contribué à propulser sur la scène politique nationale, durant l’été, celui qui est élu de la Chambre des représentants depuis 2013 mais n’avait pas encore percé à Washington. Pari risqué. Trop, peut-être, pour le Texas où aucun démocrate n’a pas gagné d’élection au niveau de l’Etat depuis 1994. Mais ses idées peuvent-elles l’imposer dans un scrutin national ? Cette défaite honorable font de lui, pour certains démocrates, un candidat potentiel à la Maison Blanche.