«Midterms» américaines: Fox News retire le spot électoral anti-migrants de Trump

ETATS-UNIS Facebook et NBC ont fait pareil, alors que CNN a qualifié le clip de «raciste»...  

20 Minutes avec AFP

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Ce clip anti-migrants de Donald Trump a suscité une vive polémique aux Etats-Unis.
Ce clip anti-migrants de Donald Trump a suscité une vive polémique aux Etats-Unis. — TWITTER/TRUMP

Trop c’est trop, même pour Fox News. La chaîne conservatrice, dont plusieurs présentateurs affichent leur soutien à Donald Trump, a retiré de l’antenne un spot électoral anti-migrants produit par la campagne du président américain. La chaîne NBC en a fait autant et Facebook a également retiré cette publicité qui fait le parallèle entre un criminel mexicain et les convois de migrants en route vers la frontière américaine de sa plateforme. La régie de CNN avait refusé l’annonce, qualifiant le clip de « raciste ».

« Après examen, Fox News a retiré la publicité hier et elle n’apparaîtra plus ni sur Fox News ni sur Fox Business Network », a indiqué la présidente de la vente d’espaces publicitaires pour la chaîne, Marianne Gambelli, à la veille d'élections parlementaires cruciales.

Un clip « raciste », selon CNN

La vidéo commence sur des images de Luis Bracamontes, ressortissant mexicain condamné à mort en avril pour le meurtre de deux policiers en 2014. Outre la gravité des faits, l’affaire avait attiré l’attention des médias car Bracamontes avait accueilli le verdict de culpabilité en riant, promettant de s’échapper de prison et de « tuer plus de flics bientôt ».

Dans la publicité, les images du Mexicain sont accompagnées de messages comme « Les démocrates l’ont laissé entrer dans notre pays » et « Les démocrates l’ont laissé y rester ». Le spot enchaîne sur des images des convois de migrants qui font actuellement route, depuis le Mexique, vers la frontière américaine. Il montre aussi des migrants enfonçant des portes grillagées. « Qui d’autre les démocrates laisseraient-ils entrer ? », interroge la réclame, évoquant le scénario d’une victoire électorale des démocrates lors du scrutin de mardi.

Sous une présidence républicaine

Sauf que Bracamontes n’est jamais venu aux Etats-Unis au sein d’une caravane de migrants et les démocrates ne sont pas responsables. En Arizona, c’est le shérif Joe Arpaio, devenu par la suite un fervent supporter de Donald Trump, qui l’avait relâché. Après sa seconde expulsion, il est revenu illégalement aux Etats-Unis entre 2001 et 2003, sous l’administration de George W. Bush.

Pour Donald Trump, la polémique a toutefois un double intérêt. Recentrer le débat sur l’immigration a permis au président américain tourner la page médiatique des engins explosifs envoyés à des démocrates par un de ses supporteurs, et il mobilise sa base. Et à la veille des midterms, la peur reste sa carte la plus efficace.