Belgique: La justice ordonne à l'ancien roi Albert II de se soumettre à un test ADN

HERITIERS Delphine Boël affirme être née de la relation entre sa mère, Sibylle de Sélys Longchamps, et Albert, prince héritier à l'époque, dans les années 1960 et 1970... 

20 Minutes avec AFP

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Delphine Boël affirme être la fille biologique de l'ancien roi belge, Albert II. Ici, avec son avocat, Alain de Jonge, à la cour d'appel de Bruxelles.
Delphine Boël affirme être la fille biologique de l'ancien roi belge, Albert II. Ici, avec son avocat, Alain de Jonge, à la cour d'appel de Bruxelles. — Daina Le Lardic / Isopix/SIPA

L'ancien roi belge Albert II devra se soumettre, avant février, à un test génétique. C’est la décision prise par la justice, fin octobre, après un long combat judiciaire mené par Delphine Boël. Cette dernière se bat depuis 2013 pour faire reconnaître que l’ancien monarque belge est son père, a annoncé Me Marc Uyttendaele, un des avocats de Delphine Boël, ce lundi.

Delphine Boël, artiste plasticienne belge de 50 ans, affirme que sa mère, Sibylle de Sélys Longchamps, a entretenu une relation avec Albert, prince héritier, dans les années 1960 et 1970. A l’époque, il était marié, depuis 1959, avec Paola Ruffo di Calabria. L’ancien souverain, qui a régné de 1993 à 2013 et est le père du roi des Belges actuel, Philippe, a toujours nié cette filiation avec Delphine Boël.

Trois mois pour se soumettre à un test génétique

Cette dernière avait introduit en 2013 une procédure de reconnaissance de paternité devant le tribunal de première instance de Bruxelles​, ce qui a donné lieu à un feuilleton judiciaire à rebondissements. Dans un premier temps, en 2017, la justice n’avait même pas autorisé Delphine Boël à contester la paternité de l’industriel Jacques Boël, ce qui était l’étape initiale de la procédure.

Dans un arrêt du 25 octobre, la cour d’appel de Bruxelles a renversé cette décision. Elle « a décidé que Jacques Boël n’est pas le père légal ou biologique de Delphine » et a « ordonné qu’Albert II se soumette à un test ADN », ont rapporté les avocats de la requérante dans un communiqué. La cour, ont-ils ajouté, a aussi chargé une experte d’un hôpital universitaire bruxellois « de procéder dans les trois mois à une expertise génétique permettant d’établir le lien de filiation entre Delphine et Albert II ».

« Si Albert II refuse de se soumettre au test, cela pourra être considéré comme un indice »

Les deux parties ont de nouveau rendez-vous devant la cour le 14 février pour la reprise des débats. « Si Albert II refuse de se soumettre au test, cela pourra être considéré comme un indice très clair qu’il est le père », a souligné Me Uyttendaele. L’avocat a salué un arrêt donnant « totalement raison » à sa cliente à ce stade de la procédure, « après l’échec de toutes les démarches amiables pour que son identité, comme celle de ses enfants, soit enfin légalement reconnue ».

Dans cette procédure, a rappelé l’agence de presse Belga, Jacques Boël n’avait pas contesté l’action en désaveu de paternité introduite par sa fille à son encontre. Il s’était livré à un test ADN qui avait révélé qu’il n’est effectivement pas le père biologique.