Italie: les médecins de la «clinique de l'horreur» parlent

SANTE Ils ont commencé à être interrogés ce mardi à Milan...

Avec agence

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La clinique Santa Rita à Milan (Italie du Nord)
La clinique Santa Rita à Milan (Italie du Nord) — DR

Ablation du sein pour un simple nodule, d'un demi-poumon pour une pneumonie: les médecins italiens de la «clinique de l'horreur», la clinique Santa Rita à Milan (nord de l'Italie), qui ont multiplié les interventions inutiles par appât du gain ont commencé à être interrogés ce mardi.

Au total, 14 personnes sont poursuivies dans cette affaire: 13 médecins auxquels s'ajoute le propriétaire de l'établissement, un notaire de 75 ans, Francesco Paolo Pipitone. Les chefs d'accusation vont de la fraude à la sécurité sociale qui concerne tous les suspects à homicide volontaire avec la circonstance aggravante de «cruauté» pour certains d'entre eux, selon le communiqué diffusé lundi par la police financière qui a été chargée de l'enquête.

86 personnes opérées de façon abusive

Au total 86 personnes ont été opérées de façon abusive dans le seul but de faire gagner de l'argent à la clinique qui procédait à des interventions plus importantes que nécessaires afin d'obtenir des remboursements plus élevés de la sécurité sociale, selon l'acte d'accusation du parquet. La mort de cinq patients est également considérée comme «suspecte».

L'accusation cite notamment les cas d'une femme de 42 ans qui a subi une ablation du sein pour deux nodules, dont l'un graisseux, de celui d'une jeune fille de 18 ans qui a subi la même mutilation pour un adénome fibreux qui n'était pas cancéreux ou encore celui d'un homme de 38 ans atteint d'une pneumonie qui aurait pu être traité avec un drainage et des antibiotiques et auquel on a retiré une partie du poumon.

Une autre patiente, âgée de 85 ans, qui souffrait de difficultés respiratoires et chez laquelle on soupçonnait une tumeur au poumon a été opérée sur le champ «malgré un risque élevé» sans même subir auparavant de biopsie. Elle est décédée.

«L'Arsène Lupin de la chirurgie»

Le médecin-chef Massone, qui s'était lui-même surnommé «l'Arsène Lupin de la chirurgie», a aussi laissé sortir de la clinique un jeune garçon atteint de tuberculose qui a contaminé toute sa classe, a raconté un médecin de l'établissement à une amie, selon des écoutes de la police.

«Le département de chirurgie thoracique était devenu une chaîne de montage avec des ouvriers du bistouri qui travaillaient à la pièce», soulignait ce mardi «La Stampa».

La fraude de la clinique privée a été évaluée à 2,5 millions d'euros pour les années 2005-2006, selon la police financière.

Précédent En janvier 2007, une enquête de l’hebdomadaire «L’Espresso», avait révélé l’état désastreux des hôpitaux publics d’Italie et provoqué un véritable scandale. Après s’être fait passer, un mois durant, pour un agent d’entretien, le journaliste Fabrizio Gatti décrivait, vidéos à l’appui, les dysfonctionnements et manquements à l’hygiène récurrents au sein de la plus grande polyclinique du pays, le centre hospitalier universitaire Umberto 1er, qui compte environ 1300 lits.