Bush s'adoucit avec le temps

INTERNATIONAL Il regrette sa rhétorique guerrière...

Kéthévane Gorjestani

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Le président américain George W. Bush a entamé lundi une tournée d'adieux en Europe qui devrait être dominée par la question de l'Afghanistan, le dossier du nucléaire iranien et la lutte contre le réchauffement climatique.
Le président américain George W. Bush a entamé lundi une tournée d'adieux en Europe qui devrait être dominée par la question de l'Afghanistan, le dossier du nucléaire iranien et la lutte contre le réchauffement climatique. — Jim Watson AFP

Il est fini le temps des déclarations de cow-boy. George W. Bush, qui a entamé une tournée européenne d’adieux, a admis que sa rhétorique agressive, notamment sur l’Irak, a pu donner l’image d'«un gars impatient de partir en guerre». «Je pense que, rétrospectivement, j’aurai pu utiliser un ton différent, une rhétorique différente», a-t-il reconnu lors d’une interview avec le quotidien britannique «The Times».

Des expressions comme «mort ou vif» sur la capture d’Oussama ben Laden ou «vous êtes soit avec nous, soit contre nous» à Jacques Chirac, «ont indiqué aux gens que je n’étais pas, vous savez, un homme de paix», a-t-il admis lors de cet entretien à bord d’Air Force One. Il a également regretté les divisions amères autour de la guerre en Irak et s’est dit perturbé que son pays ait été mal compris. S’il continue de défendre sa décision d’envahir l’Irak, il admet que la diplomatie aurait dû être mieux gérée.

Faciliter la tâche du prochain Président

Le président américain a ajouté que sa priorité pour ses 6 derniers mois «sera de laisser derrière lui une série de structures qui faciliteront la tâche du prochain président», notamment sur la Corée du Nord, l’Iran et «j’espère un Etat Palestinien défini par Israël et les Palestiniens».

En référence voilée à la volonté de Barack Obama d’ouvrir le dialogue avec les Iraniens, George Bush a expliqué que quand son successeur arrivera au pouvoir et qu’il verra «ce qui marche et ce qui ne marche pas dans les relations avec l’Iran», il poursuivra la politique actuelle.

Il a également laissé entendre que les promesses du candidat démocrate de renégocier ou de bloquer les accords d’échanges internationaux provoquaient déjà des inquiétudes en Europe et ailleurs. «Il y a des inquiétudes concernant le protectionnisme et le nationalisme économique», a-t-il déclaré.

George Bush, en tant que Président ayant nommé deux secrétaires d’Etat noirs (Colin Powell et Condoleezza Rice), a reconnu que «le simple fait que le Parti démocrate ait nommé Barack Obama montre le chemin parcouru par l’Amérique». «Ayant dit ça, c’est important que les Américains choisissent celui qui peut gérer la tâche du 21e siècle».