Le Canada présente ses excuses aux autochtones

INTERNATIONAL Des milliers d'enfants avaient été retirés de force à leur famille pour être assimilés...

Kéthévane Gorjestani

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Le Premier ministre canadien, Stephen, Harper presente au chef de l'Assemblée des nations premières, Phil Fontaine, une déclaration d'excuses.
Le Premier ministre canadien, Stephen, Harper presente au chef de l'Assemblée des nations premières, Phil Fontaine, une déclaration d'excuses. — REUTERS/Patrick Doyle

Après l'Australie en février dernier, c'est au tour du Canada de présenter ses excuses.

Les 1,3 million d'autochtones canadiens attendaient ça depuis longtemps. Ce mercredi, le Premier ministre, Stephen Harper, va présenter, devant le Parlement, des excuses solennelles au nom de l'Etat aux 80.000 anciens élèves encore vivants des «pensionnats autochtones». Près de 150.000 enfants indiens, inuits et métis ont été placés de force dans ces établissements créés à la fin du XIXe siècle.

Les pensionnaires étaient coupés de leur communauté afin d'être assimilés. Si la plupart des établissements ont fermés en 1970, le dernier ne l'a été qu'en 1996. Pour Ted Quewezance, directeur d'une association de survivants, «c'était un génocide culturel». Comme lui, beaucoup disent avoir été victimes de mauvais traitements et d'abus sexuels.

«Un génocide culturel»

Ces excuses solennelles marquent l'aboutissement d'un long processus de réhabilitation de ces peuples. Leur niveau de vie reste loin de la moyenne nationale. L'alcoolisme et le taux de suicide y sont supérieurs et l'espérance de vie inférieure de presque sept ans. Plusieurs milliers d'entre eux avaient d'ailleurs engagé des poursuites contre le gouvernement fédéral et les églises qui tenaient ces établissements.

Il y a deux ans, un règlement a prévu une indemnisation de 10.000 dollars pour chaque pensionnaire, plus 3.000 dollars par année passée dans ces établissements. Il a aussi créé une Commission de vérité et de réconciliation chargée d'examiner cette période, présentée comme le chapitre le plus sombre de l'histoire du pays.

Deux tiers des Canadiens favorables

Les Canadiens soutiennent, en majorité, leur gouvernement. Selon un sondage Ipsos-Reid, deux tiers d’entre eux considèrent qu'il «est temps que le gouvernement et les Canadiens assument leurs actions passées, et donc faire des excuses est approprié».

Stephen Harper a promis cette fois-ci des excuses «détaillées et exhaustives». Il y a dix ans, le Canada avait déjà fait acte de contrition, sans grand résultat. Pour le Globe and Mail, elles n'étaient «pas suffisantes par rapport aux erreurs commises».