Une «invasion» de meurtriers potentiels, la nouvelle vidéo anti-migrants de Donald Trump

ETATS-UNIS A cinq jours des midterms, le président américain joue plus que jamais sur les peurs...

P.B.
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La caravane de migrants honduriens force la frontière avec le Guatemala (extrait d'un clip produit par Donald Trump).
La caravane de migrants honduriens force la frontière avec le Guatemala (extrait d'un clip produit par Donald Trump). — DONALD TRUMP/TWITTER

Il avait commencé sa campagne en 2015 en s’attaquant aux « criminels » et « violeurs » venus du Mexique. A cinq jours des élections législatives, Donald Trump double la mise avec un retour à une rhétorique anxiogène qui joue sur les peurs, à l’approche d’une caravane de 7.000 migrants venus du Honduras.

Jeudi, le président américain a tweeté un clip produit par son comité de réélection. Il met en scène Luis Bracamontes, un trafiquant de drogue mexicain expulsé à deux reprises, qui est revenu illégalement aux Etats-Unis et a été condamné à mort cette année pour le meurtre de deux policiers en 2014. Le clip montre Bracamontes souriant à son procès, promettant de s’évader « pour en tuer d’autres ». « Les démocrates l’ont laissé rentrer dans notre pays. Ils l’ont laissé rester. Qui d’autre laisseront-ils rentrer ? », demande la vidéo, avant de passer à des images de la caravane de migrants forçant une barrière à la frontière entre le Honduras et le Guatemala fin octobre.

Plusieurs corrections sont à apporter. Après sa seconde expulsion, Luis Bracamontes est revenu illégalement aux Etats-Unis entre 2001 et 2003, sous l’administration de George W. Bush. Et il ne faisait pas partie d’une caravane de migrants.

« Il touche le fond »

Ce clip, qualifié de « raciste » par CNN, a été dénoncé par de nombreuses personnalités politiques. « C’est le pire de Donald Trump, il cherche à nous diviser », a attaqué le président du parti démocrate Tom Perez. « Il touche le fond, c’est écœurant », estime le sénateur républicain Jeff Flake, qui critique régulièrement Donald Trump.

Depuis deux semaines, le président américain concentre ses attaques sur la caravane de migrants, estimant mercredi qu’elle « ressemble à une invasion ». Il a évoqué, sans preuve, la présence de militants de Daesh infiltrés et celle de personnes appartenant à des gangs. Cette semaine, Donald Trump a encore promis d’envoyer jusqu’à 15.000 soldats pour sécuriser la frontière et de mettre fin par décret au droit du sol. On ne change pas une stratégie qui a fait ses preuves en 2016.