Hongrie: Petra Laszlo, la journaliste qui avait fait trébucher des migrants, finalement relaxée

PROCES La Cour suprême a estimé que le tribunal et la cour d’appel n’avaient pas retenu le bon chef d’inculpation…

20 Minutes avec AFP

— 

Capture d'une vidéo montrant la journaliste hongroise Petra Laszlo faire un croche-patte à une jeune réfugiée près de laa frontière serbo-hongroise.
Capture d'une vidéo montrant la journaliste hongroise Petra Laszlo faire un croche-patte à une jeune réfugiée près de laa frontière serbo-hongroise. — AP/SIPA

La justice estime qu’il ne s’agit pas de « vandalisme », mais d’une « perturbation ». Petra Laszlo, la journaliste hongroise de télévision qui avait fait trébucher et frappé des migrants, fuyant la police en 2015, a été acquittée ce mardi par la Cour suprême qui a annulé les condamnations des instances précédentes.

« La vidéaste a été relaxée en l’absence d’infraction », a déclaré la Cour suprême dans un communiqué. La haute juridiction a estimé que le tribunal et la cour d'appel qui avaient condamné cette journaliste n’avaient pas retenu le bon chef d’inculpation à son encontre. Les images de cette opératrice de télévision donnant, caméra à l’épaule, des coups de pied à un homme et son fils et tentant de faire trébucher une fillette, à la frontière entre Hongrie et Serbie, avaient suscité l’indignation.

« La perturbation étant un délit mineur et prescrit, le processus pénal doit être annulé »

Les images avaient fait le tour du monde alors que la Hongrie était déjà sous le feu des critiques pour son attitude hostile envers les migrants​. L’incident s’était produit le 8 septembre 2015, au pic de la crise migratoire en Europe. Ce jour-là, plusieurs groupes avaient forcé un cordon de policiers hongrois. La Cour suprême a reconnu dans ses motifs que Petra Laszlo avait donné deux coups de pied, et tenté d’en infliger un troisième, mais a estimé que le contexte était celui d'« un assaut de plusieurs centaines de migrants fuyant l’intervention de la police ».

L’acte commis, « bien que moralement incorrect et illicite, était une perturbation, et non du vandalisme ». C’est cette dernière infraction qui avait été retenue contre la journaliste par les juridictions précédentes. Petra Laszlo avait écopé à ce titre d'une mise à l'épreuve de trois ans prononcée en janvier 2017. « La perturbation étant un délit mineur et prescrit, le processus pénal doit être annulé », conclut le communiqué. La journaliste, qui travaillait alors pour une chaîne en ligne proche de l’extrême droite, s'était défendue en disant avoir «paniqué».