Brésil: Fusions, nominations, politique... Le futur gouvernement de Jair Bolsonaro inquiète déjà

POLITIQUE L'opposition s'est manifestée mardi soir à Sao Paulo, où des milliers de personnes ont chanté «Pas lui (Bolsonaro), lui jamais»...

20 Minutes avec AFP

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Des supporters de Jair Bolsonaro devant la résidence du nouveau président à Rio de Janeiro, au Brésil, le 29 octobre 2018.
Des supporters de Jair Bolsonaro devant la résidence du nouveau président à Rio de Janeiro, au Brésil, le 29 octobre 2018. — Leo Correa/AP/SIPA

Un gouvernement d'extrême droite, le nombre de ministères réduit de moitié, le ministère de la Justice attribué au juge qui a condamné l’ancien président Lula… Le nouveau président brésilien, Jair Bolsonaro, a dessiné les contours de sa politique et de son futur gouvernement, notamment avec un grand ministère de l’Economie et la fusion des portefeuilles de l’Agriculture et de l’Environnement.

Pour le ministère de la Justice, le président élu, qui entrera en fonction le 1er janvier, a fait un appel du pied à Sergio Moro, figure emblématique de la lutte anticorruption, qui s’est dit « honoré » dans l’attente d’une proposition formelle. Jair Bolsonaro a également évoqué la possibilité de proposer au magistrat un poste de juge de la Cour suprême. Le juge Moro s’est notamment illustré en condamnant en première instance l’ex-président de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, qui purge une peine de 12 ans et un mois de prison​ depuis avril pour corruption passive et blanchiment.

« Une ère tragique s’ouvre où la protection de l’environnement est égale à zéro »

Le député Onyx Lorenzoni, présenté comme le futur chef du gouvernement, a confirmé la réduction du gouvernement à « 15 à 16 ministères », contre une trentaine actuellement. Cela implique la fusion de plusieurs ministères. « L’Agriculture et l’Environnement feront partie du même ministère, comme prévu au départ », a précisé Onyx Lorenzoni. Les écologistes considèrent que cette fusion reviendrait à sacrifier la protection de l'environnement aux intérêts du puissant lobby de l’agro-business, qui soutient ouvertement le président élu.

L’écologiste Marina Silva, ex-ministre de l’Environnement et candidate à la présidentielle, a qualifié cette fusion de « désastre », estimant qu'« une ère tragique s’ouvre où la protection de l’environnement est égale à zéro ». Pour Greenpeace, cette fusion est une « grande erreur » dans « un pays qui a la plus grande biodiversité de la planète et la plus grande forêt du monde », l’Amazonie, et qui ainsi « se tire une balle dans le pied d’un point de vue économique ».

Un super ministère de l’Economie

Autre fusion, autre confirmation d’une promesse de campagne : Paulo Guedes, gourou ultra-libéral de Bolsonaro, a assuré qu’il serait à la tête d’un super-ministère de l’Economie, qui réunira les ministères actuels des Finances, de la Planification, de l’Industrie et du Commerce extérieur.

La semaine dernière, après une réunion avec des représentants des secteurs industriels et agricoles, il avait pourtant affirmé qu’il maintiendrait les portefeuilles de l’Industrie et du Commerce extérieur séparés de celui de l’Economie. L’opposition s’est manifestée mardi soir à Sao Paulo, où des milliers de personnes ont chanté « Pas lui (Bolsonaro), lui jamais », sous la surveillance de nombreux policiers militaires.