L'attentat suicide à Tunis est un acte «isolé» et «artisanal», selon les autorités

TUNISIE La kamikaze, qui est décédée sur le coup, n’était « pas fichée et n’était pas connue pour ses antécédents ou ses appartenances religieuses »...

20 Minutes avec AFP

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Des officiers de police sur l'avenue Bourguiba en Tunisie, le 29 octobre 2018.
Des officiers de police sur l'avenue Bourguiba en Tunisie, le 29 octobre 2018. — Riadh Dridi/AP/SIPA

L’attentat qui a fait 20 blessés sur la principale avenue de Tunis constitue une attaque « isolée » et « artisanale », ont souligné mardi les autorités tunisiennes. Les enquêteurs cherchent encore à déterminer les motivations de son auteure, une femme diplômée issue d’un milieu modeste.

La présence policière a été renforcée ce mardi sur l’avenue Bourguiba, là où la kamikaze a fait exploser sa bombe. La capitale tunisienne a été frappée lundi par son premier attentat en près de trois ans. La jeune femme, âgée de 30 ans, a actionné une charge explosive contre des forces de police, faisant 20 blessés, aucun n’étant toutefois atteint grièvement, selon un dernier bilan officiel.

Aucune arrestation dans le cadre de l’enquête

Mna Guebla, titulaire d’une licence en anglais des affaires, était originaire de Zorda, une localité isolée de l’est du pays. Selon sa famille, la jeune femme, diplômée depuis trois ans, n’avait jamais trouvé d’emploi dans ce secteur, mais s’occupait parfois du cheptel, pour les aider. La jeune femme, qui est décédée sur le coup, n’était « pas fichée et n’était pas connue pour ses antécédents ou ses appartenances religieuses », a déclaré mardi le ministre de l’Intérieur, Hichem Fourati.

« C’est un acte isolé, les services de sécurité sont sur le qui-vive, ils sont intervenus très rapidement », a-t-il ajouté, décrivant « une attaque artisanale ». Aucune arrestation n’a encore eu lieu dans le cadre de l’enquête, a de son côté affirmé le porte-parole du pôle antiterroriste, Sofiène Sliti.

Des sources policières avaient déjà estimé lundi soir que la kamikaze ne portait vraisemblablement pas de « ceinture d’explosifs » mais « plutôt une bombe artisanale ». Les enquêtes sur les attentats de 2015 et 2016, attaques qui ont fait des dizaines de morts, avaient à l’inverse fait apparaître une préparation en Libye voisine, où le groupe Daesh, profitant du chaos, s’était implanté. L’attaque de lundi n’a, pour l’heure, pas été revendiquée.