Turquie: Le nouvel aéroport d'Istanbul, le futur «plus grand du monde», inauguré par Erdogan

INFRASTRUCTURE Jusqu’au 29 décembre, date officielle de l’ouverture du nouvel aéroport, seulement cinq vols quotidiens y seront assurés et l’aéroport Atatürk restera fonctionnel…

20 Minutes avec AFP

— 

Le nouvel aéroport d'Istanbul (Turquie) a été inauguré le 29 octobre 2018. L'aéroport devrait accueillir 90 millions de voyageurs, puis 200 millions de passagers en 2028.
Le nouvel aéroport d'Istanbul (Turquie) a été inauguré le 29 octobre 2018. L'aéroport devrait accueillir 90 millions de voyageurs, puis 200 millions de passagers en 2028. — Arnaud Andrieu/SIPA

Un aéroport destiné à devenir « le plus grand du monde ». Le président turc Recep Tayyip Erdogan doit inaugurer en grande pompe, ce lundi, le nouvel méga-aéroport d’Istanbul, une vitrine des grands projets d’infrastructures qui ont transformé la Turquie depuis son arrivée au pouvoir.

Cet aéroport, qui remplacera celui d'Atatürk arrivé à saturation, aura, dans un premier temps, une capacité de 90 millions de passagers par an, puis 200 millions en 2028. Le président Erdogan a suivi de près la construction de cet aéroport sur la rive européenne d'Istanbul, près de la mer Noire, qui a été marquée par des retards et par une grève d’ouvriers demandant l’amélioration de leurs conditions de travail.

Une ouverture prévue le 29 décembre

Ce projet s’inscrit dans la volonté du président turc de faire de l’ex-capitale de l’Empire ottoman un carrefour mondial entre trois continents, l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Recep Tayyip Erdogan doit annoncer, ce lundi, le nom du nouvel aéroport. Nombre d’observateurs s’attendent à ce que le président turc, nostalgique de l’Empire ottoman, le baptise d’après un sultan.

La construction, qui s’est faite à marche forcée, a pris du retard et le nouvel aéroport ne tournera à plein régime qu’à partir du 29 décembre. Jusqu’à cette date, seulement cinq vols quotidiens y seront assurés et l’aéroport Atatürk restera ouvert. Cette transition de deux mois permettra de tester l’aéroport et d'« identifier des points à améliorer », a expliqué Kadri Samsunlu, le PDG d’IGA, le futur opérateur de l’aéroport.

Objectif : 200 millions de passagers

Lorsque les quatre phases de construction et d’expansion seront terminées, vers 2028, cet aéroport comptera six pistes et deux terminaux répartis sur un gigantesque site de 76 kilomètres carrés, selon l’IGA. Le nouvel aéroport pourra alors, selon l'IGA, accueillir jusqu'à 200 millions de passagers par an. Soit près du double de l’aéroport américain d’Atlanta qui occupe actuellement la première place avec 103,9 millions. L’édifice, d’une valeur de 10,5 milliards d’euros, présente un visage futuriste avec de nombreuses ouvertures vitrées, des lignes courbes et des équipements dernier cri.

Un défi de taille sera le transfert des équipements de l’aéroport Atatürk au nouveau site lors d’une opération délicate fin décembre qui durera 45 heures. Turkish Airlines, fleuron de l’économie turque, qui assurera mercredi le premier vol commercial du nouvel aéroport à destination d’Ankara, compte tirer parti des dimensions du nouvel aéroport pour élargir son offre. « L’an prochain, nous allons ajouter 40 appareils à notre flotte. D’ici 2023, nous transporterons 120 millions de passagers par an », explique un cadre de la compagnie ayant requis l’anonymat.

Des ouvriers écroués pour avoir dénoncé leurs conditions de travail

Cet aéroport fait partie, avec le troisième pont sur le Bosphore et le tunnel sous ce même détroit, inaugurés en 2016, des grands projets d’infrastructures ardemment défendus par le président Erdogan qui veut transformer la Turquie à temps pour le centenaire de la République, en 2023. Mais à quel prix ? La construction de l’aéroport a en effet été accompagnée de polémiques, concernant notamment son impact sur l’environnement.

Le mois dernier, c’est la situation des quelque 34.000 ouvriers travaillant d’arrache-pied pour tenir les délais qui a suscité des critiques. Plusieurs centaines d’entre eux ont été arrêtés après avoir manifesté pour demander l’amélioration de leurs conditions de travail et dénoncer des retards dans le versement des salaires. La plupart ont été relâchés, mais une vingtaine sont encore écroués. D’après l’IGA, 30 ouvriers sont morts sur le chantier depuis le début des travaux. Un chiffre largement sous-estimé selon des syndicats.