Allemagne: Angela Merkel va quitter la présidence du parti CDU en décembre et se retira de la chancellerie en 2021

JUBILE Une décision prise au lendemain d’un cuisant revers aux élections régionales…

20 Minutes avec AFP

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Angela Merkel à Berlin, le 15 juin 2018.
Angela Merkel à Berlin, le 15 juin 2018. — Reiner Zensen/PHOTOWEB/SIPA

Angela Merkel a confirmé, ce lundi, qu’elle renoncerait à la présidence de son parti chrétien-démocrate (CDU) en décembre et qu’elle allait se retirer de la chancellerie à l’issue de son quatrième et dernier mandat en 2021.

« Aujourd’hui, il est temps d’ouvrir un nouveau chapitre », a dit la chancelière allemande, après des mois de crises gouvernementales et au lendemain d’un vote sanction lors d’un scrutin régional en Hesse. La chancelière a également annoncé qu’elle ne se choisirait pas de successeur à la présidence du parti : « Je sens que cette phase (de quête d’un nouveau chef de la CDU) est pleine de possibilités, et c’est très bien car nous ne l’avions pas eue depuis 18 ans », a-t-elle expliqué. Une proche, la secrétaire générale du parti Annegret Kramp-Karrenbauer, et un de ses détracteurs, tenant d’un virage à droite, le ministre de la Santé Jens Spahn, ont déjà fait acte de candidature.

Un recul de plus de dix points

Le parti de centre droit d’Angela Merkel et son partenaire social-démocrate au sein de la coalition qui gouverne à Berlin ont subi de sévères pertes lors d’élections régionales clé, dimanche en Allemagne, rendant un peu plus incertaine la survie de son gouvernement. Le parti conservateur de la chancelière (CDU) est arrivé  en tête des élections régionales avec 27 à 28% des voix mais avec un recul de plus de dix points par rapport au précédent scrutin en 2013.

Le quatrième mandat qu’elle a entamé dans la douleur en mars, après d’interminables tractations pour former un gouvernement, se révélera probablement comme celui de trop. La recette du compromis permanent concoctée sous l’égide de la chancelière, entre son camp conservateur et les sociaux-démocrates, a fini par lasser les électeurs dans un monde politique allemand atomisé et électrisé par l’irruption de l’extrême droite anti-migrants.

Un score historiquement bas

Celle que les Allemands surnommaient affectueusement « Mutti » n’est « plus aussi incontestée qu’elle l’a été au cours des trois législatures précédentes », vient ainsi de lâcher son ancien ministre des Finances, Wolfgang Schaüble. Sous la pression de frondeurs de son parti, elle avait déjà nommé début 2018 comme numéro 2 de son parti une proche, Annegret Kramp-Karrenbauer, chargée de préparer un « renouveau ». Et elle s’est vue imposer récemment un nouveau président de son groupe parlementaire, plus critique.

Depuis un an, rien ne se passe comme prévu. Tout d’abord, sa famille politique conservatrice a enregistré lors des législatives de 2017 un score historiquement bas et vu une partie de ses électeurs préférer des formations hostiles à sa politique d’immigration longtemps généreuse, l’extrême droite et les Libéraux. C’est à l’automne 2015 que tout a basculé, lorsque Angela Merkel décide d’ouvrir son pays à des centaines de milliers de demandeurs d’asile. Malgré les inquiétudes de l’opinion, elle promet de les intégrer et de les protéger.