Présidentielle en Géorgie: Salomé Zourabichvili, ex-ambassadrice française, en tête du premier tour

ELECTION La diplomate, soutenue par le parti au pouvoir du Rêve géorgien, est arrivée en tête du premier tour avec 43,59% des suffrages... 

20 Minutes avec AFP

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Salomé Zourabichvili, avec Sergey Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe à Moscou, le 30 mai 2005.
Salomé Zourabichvili, avec Sergey Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe à Moscou, le 30 mai 2005. — ALEXANDER ZEMLIANICHENK/AP/SIPA

Une ancienne diplomate française à la tête de la Géorgie ?  Salomé Zourabichvili, ex-ambassadrice française et ancienne ministre des Affaires étrangères, arrive en tête du premier tour de l’élection présidentielle en Géorgie, selon des résultats officiels partiels publiés ce lundi. Elle devrait affronter au second tour le leader de l’opposition Grigol Vachadze.

Cette élection, qui s’est tenue ce dimanche, est vue comme un test important pour le parti au pouvoir à Tbilissi. Après le dépouillement des bulletins dans 24 % des circonscriptions, l’ex-diplomate française, soutenue par le parti au pouvoir du Rêve géorgien, était en tête du premier tour avec 43,59 % des suffrages, a annoncé la commission électorale centrale. Son principal adversaire, le leader de l’opposition Grigol Vachadze, recueillait 34,83 % des voix.

Dès 2024, le président élu par un collège électoral de 300 membres

A la fermeture des bureaux de vote, à 20h00 heure locale (16h00, heure française), la commission électorale enregistrait un taux de participation d’environ 47 %. Un candidat doit obtenir au moins 50 % des suffrages pour être élu dès le premier tour. Si la tendance se confirme, un second tour sera donc nécessaire et se tiendra d’ici le 1er décembre, a précisé la commission.

Dans ce pays du Caucase, le poste de président est devenu essentiellement symbolique après de récents changements constitutionnels, mais l’élection est vue comme un test pour le Rêve géorgien, de plus en plus impopulaire. L’investiture du nouveau président marquera en effet l’entrée en vigueur d’une nouvelle Constitution dans laquelle le rôle devient avant tout protocolaire. Dès 2024, le président ne sera par ailleurs plus élu au suffrage universel, mais par un collège électoral de 300 membres.

Un rapprochement avec l’Union européenne et l’Otan

La campagne, qui a vu s’opposer dans une atmosphère tendue le parti au pouvoir et l’opposition, était donc un prélude aux plus déterminantes élections législatives, prévues en 2020. S’il est élu, Grigol Vachadze entend organiser des législatives anticipées comme le réclament les partis d’opposition.

Soutenu par le Mouvement national uni fondé par l'ex-président Mikheïl Saakachvili - aujourd'hui en exil - et par dix autres formations politiques, le leader de l’opposition reproche au parti au pouvoir d’avoir échoué à faire reculer la pauvreté dans ce pays de 4,5 millions d'habitants. Sur le fond, Salomé Zourabichvili et Grigol Vachadze se rejoignent sur plusieurs points : tous deux militent pour un rapprochement avec l’Union européenne et l’Otan, que la Géorgie demande en vain à rejoindre depuis plus de dix ans.