VIDEO. Brésil: Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro élu président avec 55% des voix

POLITIQUE Selon des résultats officiels encore partiels, Jair Bolsonaro a obtenu 55,7% des voix au second tour ce dimanche...

C.Q. avec AFP

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Jair Bolsonaro salue ses partisans après avoir voté, à Rio de Janeiro, le 28 octobre 2018.
Jair Bolsonaro salue ses partisans après avoir voté, à Rio de Janeiro, le 28 octobre 2018. — Silvia Izquierdo/AP/SIPA

Sa victoire était prévisible. Appelant à « changer le destin du Brésil », le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro a été élu dimanche président du Brésil, avec 55,15 % des suffrages. Il devance largement son adversaire de gauche Fernando Haddad, à 44,85 %.

« Nous ne pouvons plus continuer à flirter avec le socialisme, le communisme, le populisme de gauche », a affirmé ce chantre de la dictature militaire (1964-1985) dans son premier discours, retransmis en direct sur Facebook. « Ensemble, nous allons changer le destin du Brésil », a insisté l’ex-capitaine de l’armée de 63 ans, qui prendra les rênes du plus grand pays d’Amérique Latine en janvier, grâce aux suffrages de plus de 57 millions d’électeurs.

Dès l’annonce des premiers résultats partiels, des feux d’artifice ont été tirés sur la plage de Barra da Tijuca, où des dizaines de milliers de partisans de Bolsonaro étaient rassemblés devant son domicile pour célébrer la victoire de l’ex-capitaine de l’armée qui deviendra chef de l’Etat en janvier, pour quatre ans.

Quelque 147 millions de Brésiliens ont voté pour départager le sulfureux candidat d’extrême droite, qui était le grand favori, de son adversaire du Parti des Travailleurs (PT) de l’ex-président emprisonné Lula. Jair Bolsonaro succédera à Brasilia au président Michel Temer, pour un mandat de quatre ans, au 1er janvier 2019. Le président sortant a indiqué que la transition débuterait « dès demain », lundi.

Haddad demande que ses « 45 millions d’électeurs soient respectés »

Dans son premier discours après l’annonce des résultats, le candidat malheureux Fernando Haddad n’a pas félicité le vainqueur et a demandé que ses « 45 millions d’électeurs soient respectés ». « Les droits civiques, politiques, du travail et sociaux sont en jeu maintenant », a-t-il dit. « Nous avons la responsabilité de représenter une opposition qui place les intérêts de la Nation au-dessus de tout ».

Entouré de sa troisième épouse Michelle et d’un pasteur évangélique, Jair Bolsonaro a promis que son gouvernement « défendra la Constitution, la démocratie, la liberté ». « Ceci n’est ni la promesse d’un parti, ni la parole vaine d’un homme, mais c’est un serment devant Dieu », a-t-il poursuivi, répondant ainsi à ses détracteurs qui le voient comme une menace pour la démocratie.

« Le futur président devra respecter les institutions, la démocratie et l’Etat de droit »

De nombreux électeurs de gauche se sont rendus aux urnes avec un livre sous le bras, un pied de nez aux électeurs de Jair Bolsonaro, dont certains s’étaient photographiés votant au premier tour avec une arme. 1984 de George Orwell ou encore Comment meurent les démocraties de Daniel Ziblatt et Steven Levitsky faisaient partie des titres sélectionnés par les électeurs qui, sous les hashtags #LivroSim et #Armanao (Livre oui, arme non), postaient des photos sur les réseaux sociaux.

Autre livre et autre message, Dias Toffoli, le président de la Cour suprême, s’est rendu aux urnes avec la Constitution. « Le futur président devra respecter les institutions, la démocratie et l’Etat de droit », a-t-il déclaré. Pour Marcio Coimbra, de l’Université presbytérienne Mackenzie, le Brésil a cependant des garde-fous solides avec « un parquet fort, une Cour suprême forte et un Congrès qui fonctionne ».