Manuel Valls est au centre d'un débat sur l'abolition de la monarchie en Espagne

ELECTIONS L'ex-Premier ministre français et candidat à la mairie de Barcelone défend la monarchie contre les indépendantistes catalans...

B.C. avec AFP

— 

Manuel Valls à Barcelone le 15 octobre 2018
Manuel Valls à Barcelone le 15 octobre 2018 — Miquel Benitez/REX/Shutterstock/SIPA

L’ex-Premier ministre français Manuel Valls, candidat à la mairie de Barcelone, s’est disputé cette semaine sur Twitter avec la maire de la ville Ada Colau à propos du régime à défendre pour l’Espagne, monarchie ou… République.

Sept mois avant les municipales, le ton monte déjà dans la deuxième ville d’Espagne, promettant une campagne très animée. L'ex-socialiste Manuel Valls a ouvert les hostilités vendredi en jugeant « qu’Ada Colau n’est pas une personne en qui on peut avoir confiance », lui reprochant d’avoir approuvé une demande d’abolition de la monarchie en Espagne : « C’est la preuve de la connivence entre la maire et les groupes indépendantistes » en Catalogne.

« Qu’une républicaine défende la République est assez prévisible », a répliqué samedi sur Twitter Ada Colau, qui prône ce régime politique pour tout le pays. « Mais on a plus de mal à faire confiance à un républicain français qui soudain devient monarchiste », a-t-elle lancé à l’attention de Manuel Valls.

« Liberté, égalité, fraternité… n’ont pas passé les Pyrénées », a ironisé Ada Colau, reprenant la devise de la République française.

Un débat national

Le conseil municipal de Barcelone avait adopté vendredi une « déclaration institutionnelle » pour « condamner la position du roi Felipe VI face au conflit catalan » et demander « l’abolition » de la monarchie. Présenté par le parti séparatiste de gauche radicale CUP, le texte a notamment été approuvée par la formation de gauche Barcelona en Comu d’Ada Colau, qui n’est pas indépendantiste.

Il y a un an, une « république catalane indépendante » avait été vainement proclamée au parlement catalan. Madrid avait aussitôt réagi par la destitution du gouvernement régional, la dissolution du parlement catalan et la suspension de l’autonomie de la région. Puis les indépendantistes avaient de nouveau remporté les élections régionales.

Simultanément, à Madrid, le parti de gauche radicale Podemos a maintes fois remis en cause cette année la monarchie comme un modèle dépassé.

Pour marquer le 40e anniversaire de l’approbation de la Constitution espagnole, le roi Felipe VI et sa fille aînée Leonor en liront publiquement des articles, mercredi, le jour du 13e anniversaire de l’héritière du trône.