Ingrid Betancourt à Genève, le 21 septembre 2016.
Ingrid Betancourt à Genève, le 21 septembre 2016. — Martial Trezzini/AP/SIPA

COLOMBIE

Colombie: Ingrid Betancourt demande aux Farc de dédommager leurs victimes

L'ex-otage veut que les anciens rebelles construisent « avec leurs propres mains » des maisons pour les Colombiens qui ont perdu leur foyer à cause d'eux...

Ingrid Betancourt, séquestrée durant six ans par les Farc en Colombie, a demandé que l’ex-guérilla dédommage ses victimes, mercredi lorsqu’elle a témoigné devant la juridiction spéciale issue de l’accord de paix signé en 2016.

« Il faut des condamnations constructives, en parallèle à tout ce qu’ils ont détruit », a déclaré cette ex-otage colombo-française et ancienne candidate présidentielle devant les magistrats de la JEP, lors d’une visio-conférence depuis Paris.

Il doit y avoir « des faits concrets qui signifient pour eux une réelle prise de conscience et une vraie reconversion suite au mal qu’ils ont fait », a-t-elle ajouté, durant sa déposition de plus de deux heures devant la JEP, chargée de juger les crimes commis pendant plus d’un demi-siècle de confrontation armée.

« Que peuvent-ils faire pour nous rendre le temps qu’ils nous ont confisqué ? »

Ingrid Betancourt, qui a à plusieurs reprises déclaré qu’elle pardonnait à ses ravisseurs, a suggéré que les anciens rebelles construisent « avec leurs propres mains » des maisons pour les Colombiens qui ont perdu leur foyer à cause des actions des Farc.

Mais elle a admis ne pas savoir comment réparer le mal infligé aux familles des ex-otages. « Que peuvent-ils faire pour nous rendre le temps qu’ils nous ont confisqué ? (…) Je n’ai pas de réponse. Je sais seulement que cela doit être des actions de longue durée, un effort et un engagement de leur part », a-t-elle ajouté.

Ingrid Betancourt a témoigné à la demande de la JEP dans la procédure pour les enlèvements ouverte à l’encontre des leaders de l’ex-guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), désarmée et reconvertie en parti politique sous le même acronyme suite à l’accord de paix de 2016. Les magistrats de la JEP ont commencé à entendre lundi des personnalités politiques et des militaires qui ont été otages des rebelles, afin de faire la lumière sur le degré de responsabilité des leaders Farc dans ses enlèvements.