Japon: Le journaliste Junpei Yasuda, otage en Syrie depuis 2015, a bien été libéré

JAPON C'est le Qatar qui aurait versé une rançon en échange de sa libération...

M.C.

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Un écran montre une photographie du journaliste enlevé en Syrie Junpei Yasuda, à Tokyo le 24 octobre 2018.
Un écran montre une photographie du journaliste enlevé en Syrie Junpei Yasuda, à Tokyo le 24 octobre 2018. — Eugene Hoshiko/AP/SIPA

La fin d'une attente interminable pour la famille de Junpei Yasuda. Le journaliste japonais, enlevé en Syrie en 2015, a été libéré, a annoncé mardi soir le gouvernement nippon. Mercredi, le ministre des affaires étrangères Taro Kono a confirmé que l'homme libéré était bien le journaliste indépendant de 44 ans.

« Le gouvernement du Qatar nous a informés qu’il a été libéré et est maintenant au centre d’immigration d’Antakya » en Turquie, a révélé mardi le porte-parole du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, lors d’une conférence de presse. « Nous sommes en train de vérifier cette information mais il s’agit très probablement de Jumpei Yasuda », avait-t-il déclaré.

Plusieurs preuves de vie étaient parvenues depuis 2015

Le journaliste avait déjà été capturé en Irak en 2004, puis libéré trois jours plus tard. Alors qu’il poursuivait son travail dans les zones de conflit de la région, c’est en juin 2015 qu’il a été enlevé dans le nord de la Syrie, vraisemblablement par le Front Al-Nosra, l’ancienne branche d’al-Qaïda dans le pays. Une vidéo, puis une photo de lui avaient été diffusées en 2016 ; sur cette dernière, il tenait un panneau où était inscrit en japonais « Aidez-moi. C’est ma dernière chance. Junpei Yasuda. »

En août dernier enfin, Jumpei Yasuda et l’Italien Alessandro Sandrini sont apparus sur deux vidéos distinctes mais similaires dans leur mise en scène. Tous deux étaient agenouillés, portant une combinaison orangée et sous la menace d’hommes armés. Dans le document, Yasuda disait être Sud-Coréen mais s’exprimait en japonais, expliquant être dans une situation difficile et appelant à l’aide.

Une rançon probablement versée par le Qatar

Le Premier ministre Shinzo Abe a exprimé mercredi son « soulagement » à l’annonce de la libération de l’otage, alors que la vérification de son identité était toujours en cours. Aucune rançon n’a été payée, a assuré de son côté Yoshihide Suga.

De l’argent a cependant bien été échangé, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). « Plusieurs personnes ont reçu des sommes importantes en échange de sa libération, malgré les appels du Japon à ne pas payer, par peur d’être considéré comme un soutien d’organisations terroristes », a expliqué l’ONG. C’est le Qatar qui aurait versé la rançon, précise son directeur, Rami Abdel Rahmane, espérant ainsi soigner son image à l’international.

L’identité du groupe qui détenait Junpei Yasuda dernièrement n’est pas claire. Début 2015, des militants de Daesh avaient décapité deux Japonais, le correspondant de guerre Kenji Goto et son ami Haruna Yukawa. Le gouvernement japonais avait alors été critiqué pour avoir apparemment manqué des occasions de sauver les deux hommes.

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