Commission européenne: Bruxelles rejette le budget italien

FINANCES Le bras de fer s'est engagé entre Brxuelle et Rome, qui refuse de revenir en arrière sur ces prévisions de budget 2019... 

20 Minutes avec AFP

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Pierre Moscovici à Bruxelles, le 22 février 2017.
Pierre Moscovici à Bruxelles, le 22 février 2017. — Sierakowski/ISOPIX/SIPA

Une première dans l’histoire de l’Union européenne. Le projet de budget 2019 de l’Italie a été rejeté, ce mardi, par la Commission européenne qui lui demande de le réviser, a-t-on appris auprès d’une source européenne.

Cette décision a été prise en début d’après-midi par le collège des commissaires de l’UE, réuni dans l’enceinte du Parlement européen. Le gouvernement italien « va ouvertement, consciemment à l’encontre des engagements pris », a déclaré Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne, en annonçant le rejet du budget de l’Italie.

« Nous ne sommes pas face à un cas "borderline" mais face à une déviation claire, nette, assumée et par certains, revendiquée », a renchéri le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, lors de cette conférence de presse à Strasbourg.

« Nous écoutons tout le monde, mais nous ne revenons pas en arrière »

Selon les règles européennes, l’Italie dispose maintenant de trois semaines pour présenter un budget révisé. Dans le cas contraire, elle se heurte à l’ouverture d’une « procédure pour déficit excessif », susceptible d’aboutir à des sanctions financières correspondant, en théorie, à 0,2 % de son PIB (soit 3,4 milliards d’euros en prenant les chiffres de 2017).

« Dès demain, nous continuerons à expliquer cette loi de finances », a déclaré, de son côté, le vice-Premier ministre italien, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) l’un des deux partis de la coalition italienne avec la Ligue (extrême droite). « Nous écoutons tout le monde, mais nous ne revenons pas en arrière », a pour sa part prévenu le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, le patron de la Ligue.

« Aucune chance » que l’Italie sorte de l’UE

Bruxelles avait déjà pointé du doigt dans un courrier à Rome la semaine passée le dérapage budgétaire « sans précédent » de l’Italie depuis les nouvelles règles mises en place en 2013 et le risque de « non-conformité grave » de son budget avec les règles européennes. Mais en dépit de ces critiques, le gouvernement italien avait maintenu lundi ses prévisions. Alors que le précédent gouvernement de centre gauche avait promis un déficit public de 0,8 % du PIB en 2019, Rome prévoit désormais d’atteindre 2,4 % l’an prochain, puis 2,1 % en 2020 et 1,8 % en 2021.

Quant à la dette publique, actuellement à quelque 131 % du PIB, soit le ratio le plus élevé de la zone euro après la Grèce, Rome a promis de la ramener à 126,5 % en 2021. En gage de sa bonne volonté, le gouvernement italien a dit qu’il respecterait à la lettre ces objectifs, sans creuser davantage le déficit ou la dette. Il a aussi réaffirmé lundi son attachement à l’UE et à la zone euro, assurant qu’il n’y avait « aucune chance » que l’Italie en sorte.